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Constituants cellulaires
Cytosquelette : microtubules
Dynamique : vue d’ensemble et coiffe GTP

Sommaire
définition

La dynamique des microtubules repose sur l’instabilité GTP/GDP et sur la coiffe GTP qui stabilise l’extrémité en croissance.

Principes généraux de la dynamique

Les microtubules alternent en continu entre phases d’allongement et de raccourcissement.

1. La stabilité d’un microtubule dépend :

  • Dynamique des microtubules
    Dynamique des microtubules
    (Figure : vetopsy.fr d'après Smart et Sharp)
    de la conformation de la tubuline, GTP-like rectiligne versus GDP courbée,
  • de la géométrie locale des protofilaments,
  • de la présence ou non d’une coiffe GTP à l’extrémité (+),
  • des contraintes mécaniques exercées sur le polymère.

2. L’extrémité (+) est le principal site d’assemblage et de transitions rapides (loupe polarité des microtubules).

L’extrémité (-) est généralement stabilisée ou ancrée par des facteurs comme CAMSAP/patronine ou le γ-TuRC.

3. Des transitions définissent l’instabilité dynamique, propriété fondamentale qui permet au réseau microtubulaire de s’adapter en permanence aux besoins cellulaires.

  • La croissance correspond à l’ajout continu de dimères α/β-tubuline-GTP à l’extrémité (+), étape possible tant que la coiffe GTP est maintenue.
  • La catastrophe désigne la transition brutale vers la dépolymérisation, déclenchée lorsque la coiffe disparaît et que les protofilaments courbés deviennent instables.
  • Le sauvetage correspond au retour spontané à une phase de croissance, généralement lorsqu’un segment stabilisé ou une zone latéralement renforcée interrompt la dépolymérisation.

Coiffe GTP et transitions structurales

La coiffe GTP constitue le déterminant principal de la stabilité dynamique (Structural Microtubule Cap: Stability, Catastrophe, Rescue, and Third State 2002).

Formation et maintien de la coiffe

La coiffe GTP correspond à l’ensemble des dimères d'αβ-tubuline-GTP récemment incorporés à l’extrémité (+) du microtubule (loupe organisation selon l'état du nucléotide).

Elle constitue le déterminant central de la stabilité dynamique.

Coiffe GPT
Coiffe GPT
(Figure : vetopsy.fr d'après Farmer et Zanic)

1. La tubuline-GTP adopte une conformation droite, état mécaniquement " compressé ", qui facilite :

2. Tant que la concentration de tubuline-GTP est suffisante, des dimères sont ajoutés, créant une zone GTP-like en extrémité (+), composée :

  • d’une couche superficielle de tubuline-GTP,
  • d’un sous-ensemble légèrement hydrolysé mais encore rectiligne (cap " GTP+GDP-Pi ”).
Coiffe et croissance des MT
Coiffe et croissance des MT
(Figure : vetopsy.fr d'après LaFrance et coll )

3. Cette zone protège le polymère, car :

  • la tubuline rectiligne contient la courbure induite par l’hydrolyse du GTP,
  • les protofilaments restent fermés et ne s’ouvrent pas en " lames " courbées,
  • la tension mécanique longitudinale reste faible et la stabilité latérale est maintenue.

4. Cette contrainte crée un état mécaniquement stable, bien qu’énergétiquement non optimal, et l'ensemble du polymère fonctionne comme une tige élastique pré-tendue, capable de supporter :

Perte de la coiffe et
courbure des protofilaments

La disparition de la coiffe GTP déclenche une transformation mécanique brutale du polymère, directement responsable de l’instabilité dynamique.

1. Après incorporation dans le microtubule, la β-tubuline hydrolyse son GTP en GDP, le phosphate inorganique (Pi) est libéré, la sous-unité adopte son état GDP définitif, état mécaniquement " relâché ".

Dimère de tubuline
Dimère de tubuline
(Figure : vetopsy.fr d'après Alushin et coll)

La tubuline-GDP préfère une conformation courbée, incompatible avec le maintien d’un protofilament rectiligne, et mécaniquement défavorable au lattice fermé.

2. Lorsque la coiffe GTP se réduit au-delà d’un seuil critique, les protofilaments GDP situés juste en dessous retrouvent leur courbure naturelle,

a. Cette courbure se propage latéralement et longitudinalement et les interfaces latérales ne peuvent plus compenser la tension, ce qui provoque :

  • l’ouverture en " lames " (peeling),
  • la rupture des contacts latéraux,
  • la perte de cohésion du cylindre.

b. La structure passe d’un état rectiligne, compressé à un état ouvert, détendu.

3. La perte de la coiffe équivaut à une perte de confinement mécanique et le polymère " relache " l’énergie élastique accumulée depuis l’hydrolyse, ce qui :

  • amplifie automatiquement la courbure,
  • accélère la dissociation des dimères GDP,
  • entraîne une dépolymérisation explosive qui conduit à la catastrophe.
Devenir des microtubules après coupure
Devenir des microtubules après coupure
(Figure : vetopsy.fr d'après Kuo et Howard)

4. Ce rôle central de la coiffe se reflète dans plusieurs contextes cellulaires, où sa stabilité instantanée conditionne directement le comportement des microtubules.

Catastrophe, sauvetage et cycles dynamiques

Catastrophe et sauvetage
Catastrophe et sauvetage
(Figure : vetopsy.fr d'après Igaev et coll)