Développement comportemental : facteurs génétiques (mise en évidence)
Variabilité entre espèces et ressemblances intra-espèce

Citation

« Dans l'hybride le caractère simple différentiel de l'un des parents est donc visible ou dominant, tandis que le caractère antagoniste est à l'état latent ou récessif. »

Hugo de Vries

Sommaire
  1. Développement comportemental : vue d'ensemble
    1. Ontogenèse des comportements
    2. Facteurs génétiques
      1. Part des facteurs génétiques dans l'ntogenèse des comportements
        1. Variabilité entre espèces et ressemblance intra-espèce
        2. Variabilité entre populations (races, souches)
        3. Variabilité à l'intérieur des populations
          1. Comparaison d'individus apparentés
          2. Réponses à la sélection artificielle
      2. Mécanismes
        1. Mécanisme général
        2. Exemple : influence du gène majeur SRY
          1. Différenciation sexuelle
            1. Sexe génétique
            2. Sexe gonadique
          2. Pic néonatal de testostérone
            1. Différenciation phénotypique de l'embryon
            2. Expériences
            3. Effets organisateurs du pic néonatal de testostérone et ses conséquences structurelles
            4. Effets activateurs du pic néonatal de testostérone et ses conséquences fonctionnelles
            5. Comportements sexuellement dimorphiques
      3. Conclusion sur les facteurs génétiques
    3. Facteurs épigénétiques
    4. Conclusion générale sur l'ontogenèse des comportements
  2. Périodes du développement comportemental du chien et du chat
    1. Généralités
    2. Enjeux
    3. Périodes
      1. Période prénatale du chien et du chat
      2. Période néonatale du chien et du chat
      3. Période de transition du chien et du chat
      4. Période de socialisation du chien et du chat
      5. Période juvénile du chien
    4. Différences de développement comportemental entre le chien et le chat
  3. Processus particuliers
    1. Période sensible
    2. Comportement maternel
    3. Empreinte ou imprégnation
    4. Attachement
    5. Autonomie des jeunes
    6. Socialisation
      1. Socialisation intraspécifique
      2. Socialisation interspécifique
    7. Homéostasie sensorielle
    8. Acquisition des autocontrôles
    9. Détachement
  4. Développement comportemental du chien
  5. Développement comportemental du chat
  6. Troubles du développement comportemental du chien et du chat
  7. Prévention des troubles du développement comportemental du chien et du chat

Bibliographie

Ontogénèse comportementale


Les facteurs impliqués dans l'ontogenèse d'un comportement, c'est-à-dire les facteurs qui lui confèrent ses caractéristiques propres le différenciant des autres comportements sont appelés déterminants du comportement.


Ces déterminants sont habituellement classés en deux catégories :

Part des facteurs génétiques dans l'ontogenèse des comportements


La théorie de l'évolution des espèces par sélection naturelle de Charles Darwin (1809-1882) impliquait que les modifications soient transmises. Mais par quoi ?

Francis Galton
Francis Galton (1822-1911)

Il émit l'hypothèse de la pangenèse : les cellules émettent des " gemmules " qui contiennent des informations. Comme Jean-Baptiste de Lamarck (1744-1829) avant lui, il était pour la théorie de la transmission des caractères acquis qui revient à la mode aujourd'hui (évolution de l'oeuf fécondé).

Francis Galton (1822-1911), cousin de Darwin, fut le premier à se consacrer aux facteurs héréditaires du comportement dans " Hereditary Genius : an inquiry into its laws and consequences " ( infos), paru en 1869.

  • Il étudia les élites anglaises pour essayer de prouver que ce ne sont pas les conditions environnementales qui déterminent le niveau intellectuel, mais la génétique. Il travailla sur des familles aristocratiques anglaises. Il inventa l'analyse statistique, travailla sur les jumeaux, sur les caractéristiques morphologiques…
  • Ces recherches ont inspirés les nazis dans l'application de l'eugénisme, conduisant à la stérilisation ou pire à l'élimination des individus déviants nocifs " pour l'intégrité et la pureté de la race aryenne ".

La génétique commença à se développer (développement de la génétique).

Gregor Mendel
Gregor Mendel (1822-1884)

1. Gregor Mendel (1822-1884), le pionner de la génétique, décrivit la théorie particulaire par ses expériences sur les petits pois dès 1856.


Il fut totalement incompris et oublié jusque dans les années 1900 !

2. À cette époque, Carl Erich Correns (1864-1933), Eric von Tschermak-Seysenegg (1871-1962) et Hugo de Vries (1848-1935), qui travailla sur les mutations des Belles de nuit, redécouvrirent les travaux de Mendel.

3. En 1882, Karl von Nägeli (1817-1891) décrit les chromosomes.

4. Mais, ce n'est qu'en 1903, que Walter Sutton (1877-1916) relia les chromosomes à l'hérédité de Mendel et décrivit la méiose qu'avait soupçonnée August Weismann en 1887.


Les trois lois de Mendel sont à la base de la génétique, mais il existe bien des exceptions.

Variabilité entre espèces et ressemblance intra-espèce

Généralement, les individus d'une même espèce tendent à se comporter de façon relativement comparable et les individus appartenant à deux espèces différentes se comportent de façon distincte.

Ces spécificités comportementales se retrouvent au niveau de la taille, de l'organisation et du fonctionnement du système nerveux.

Hippocampes d'oiseaux
Hippocampes d'oiseaux
(© vetopsy.fr d'après Lauren Gold)

Le mode de vie des différentes espèces est corrélé aux dimensions relatives de certaines structures cérébrales.

  • Les mammifères qui consomment des aliments dispersés et difficiles à trouver (fruits ou insectes par exemple) tendent à avoir un cerveau plus volumineux que ceux dont la nourriture est uniformément répartie et facile à trouver (herbivores par exemple).
  • Les espèces macrosmatiques telles que le chat ou le chien, les aires olfactives cérébrales sont très développées.
  • Chez le macaque qui se déplace en se balançant de branche en branche, les aires visuelles sont particulièrement développées comparativement à d'autres singes
  • Chez les oiseaux qui cachent leur nourriture pour la consommer ultérieurement (mésanges, pic vert...), l'hippocampe, structure cérébrale impliquée dans la mémoire spatiale (mémoire déclarative à long terme), est plus développé que chez d'autres espèces qui ne font pas de provisions.


Chaque espèce possède donc des caractéristiques comportementales, physiologiques, nerveuses qui lui sont propres et qui se transmettent d'une génération à l'autre.


Il existe bien un cadre génétique commun, défini par l'histoire évolutive (théorie de l'évolution) de l'espèce (niche écologique, habitat, mode d'alimentation...).

Vous pouvez lire un article intéressant sur la génétique et les comportements.

Variabilité entre populations (races, souches)

Développement comportementalFacteurs génétiquesFacteurs épigénétiques
Périodes de développement comportemental du chien et du chat
Période prénatalePériode néonatalePériode de transition
Période de socialisation Période juvénile
Développement comportemental du chienDéveloppement comportemental du chat
Troubles du développement comportementalPrévention des troubles

Bibliographie
  • Hay M. - Ontogenèse des comportements - 3ème cycle professionnel des écoles nationales vétérinaires, Toulouse, 2000
  • Vaysse G., Médioni J. - L'emprise des gènes et les modulations expérentielles du comportement - Bios, Université Paul Sabatier, Privat, Toulouse, 1982
  • McFarland D. - Le comportement animal, psychobiologie, éthologie et évolution - De Boeck Université, Bruxelles, 613 p., 2001
  • Immelmann K. - Dictionnaire de l'éthologie - Pierre Mardaga Editeur, Liège, 296 p., 1990
  • Rosenzweig M.R., Leiman A.L., Breedlove S.M. - Psychobiologie  - DeBoeck Université, Bruxelles, 849 p., 1998