Une jonction neuromusculaire (ou jonction myoneurale), synapse chimique entre un motoneurone et une fibre musculaire striée squelettique, permet au motoneurone de transmettre un signal conduisant à la contraction de la fibre musculaire.
Unité motrice
1. L'unité motrice est l'unité fonctionnelle élémentaire de la commande d'un muscle strié squelettique qui est formée par :
2. L'axone du motoneurone, lors de son arrivée dans le muscle, se ramifie en branches terminales qui établissent des jonctions neuromusculaires avec les différentes fibres musculaires de l'unité motrice (Distribution of motor unit properties across human muscles 2021).
Chaque branche terminale établit une jonction neuromusculaire avec une fibre musculaire, tandis qu'un même motoneurone peut ainsi innerver plusieurs fibres.
Le nombre de fibres musculaires innervées par un motoneurone varie considérablement selon les muscles et notamment selon la précision du contrôle moteur, de quelques fibres dans certaines petites unités motrices à plusieurs centaines dans les grandes unités motrices.
1. La terminaison axonale du motoneurone perd sa gaine de myéline à proximité de la fibre musculaire et se ramifie en boutons terminaux qui occupent des dépressions de sa surface.
1. Elle se lie à LRP4 (low-density lipoprotein receptor-related protein 4), récepteur transmembranaire présent dans la membrane de la fibre musculaire.
a. La rapsyne se lie directement aux nAChR et s'associe à d'autres molécules de rapsyne, formant un échafaudage moléculaire qui favorise le regroupement des récepteurs en amas et leur maintien dans la membrane postsynaptique.
b. La stabilisation de ces amas fait également intervenir le complexe dystroglycane.
Du côté extracellulaire, le β-dystroglycane, protéine transmembranaire, est associé à l'α-dystroglycane, qui interagit notamment avec l'agrine et les laminines de la lame basale synaptique.
c. Cet ensemble contribue ainsi à relier les complexes de nAChR à la matrice extracellulaire et au cytosquelette, renforçant leur concentration et leur stabilité au niveau de la plaque motrice.
Complexité du regroupement des AChR par la voie de signalisation de l'agrine
(Figure : vetopsy.fr d'après Wu et coll)
Acétylcholinestérase et hydrolyse de l'acétylcholine
La lame basale contient également de l’acétylcholinestérase (AChE), enzyme qui hydrolyse rapidement l’acétylcholine (ACh) libérée dans la fente synaptique et contribue ainsi à l’arrêt de la transmission neuromusculaire.
2. Les canaux Na+ voltage-dépendants, en particulier les NaV1.4 sont principalement concentrés dans les régions plus profondes des replis jonctionnels et dans le sarcolemme périjonctionnel.
3. Cette organisation permet à l'activation des récepteurs nicotiniques par l'acétylcholine de déclencher, par l'intermédiaire des canaux Na+ voltage-dépendants, un potentiel d'action musculaire.
Leur ouverture permet principalement une entrée de Na+ accompagnée d'une sortie de K+.
Le courant cationique net entrant qui en résulte produit une dépolarisation locale et graduée de la plaque motrice, appelée potentiel de plaque motrice.
4. Lorsque le potentiel de plaque motrice atteint le seuil d'activation des canaux Na+ voltage-dépendants, notamment NaV1.4, concentrés dans les régions profondes des replis jonctionnels et présents dans les tubules T, ceux-ci s'ouvrent à leur tour et provoquent une nouvelle entrée de Na+, responsable du déclenchement du potentiel d'action musculaire.
Le potentiel d'action se propage le long du sarcolemme et dans les tubules T.
5. L'action de l'acétylcholine est rapidement interrompue par l’acétylcholinestérase (AChE)présente dans la lame basale de la fente synaptique.
L'AChE hydrolyse l'acétylcholine en acétate et choline.
La choline est récupérée par la terminaison présynaptique par des transporteurs de la choline et réutilisée pour la synthèse de nouvelles molécules d'acétylcholine.
En conclusion, la transmission neuromusculaire suit la séquence :
potentiel d'action du motoneurone ➞ ouverture de CaV2.1 ➞ entrée de Ca2+ ➞ exocytose de l'ACh ➞ activation des nAChR ➞ potentiel de plaque motrice ➞ ouverture des canaux Na+ voltage-dépendants ➞ potentiel d'action musculaire ➞ propagation dans le sarcolemme et les tubules T ➞ couplage excitation-contraction.
Variations de l'innervation neuromusculaire
Les fibres musculaires striées squelettiques peuvent présenter différents modes d'innervation selon le nombre et la répartition de leurs jonctions neuromusculaires.
1. Les fibres musculaires striées squelettiques extrafusales des muscles " ordinaires " sont habituellement innervées par une seule jonction neuromusculaire et sont appelées fibres à innervation unique (Singly Innervated Fibres, SIF).
L'activation de leur jonction neuromusculaire déclenche un potentiel d'action musculaire propagé selon la loi du " tout ou rien ", qui entraîne une contraction brève de la fibre appelée secousse musculaire (twitch).
2. Cependant, certaines fibres de muscles spécialisés possèdent plusieurs jonctions neuromusculaires réparties le long de la fibre et sont appelées fibres à innervation multiple (Multiply Innervated Fibres, MIF).
Leurs contractions toniques sont activées localement au niveau des multiples jonctions neuromusculaires, sans déclencher de potentiel d'action musculaire propagé (nontwitch), et permettent une augmentation progressive de la tension musculaire.
Au cours du développement, la fibre musculaire est initialement polyinnervée par plusieurs motoneurones et une compétition synaptique entraîne progressivement l'élimination des connexions surnuméraires et conduit à la monoinnervation caractéristique de la plupart des fibres musculaires adultes.
Jonction neuromusculaire et muscle strié squelettique
Le potentiel d'action musculaire déclenché au niveau de la jonction neuromusculaire se propage le long du sarcolemme et dans les tubules T.