Les nucléoporines transmembranaires, FG et périphériques assurent l’ancrage membranaire du pore et la sélectivité du transport via les filaments cytoplasmiques et le panier nucléaire.
Outre les nucléoporines annulaires constituant la charpente structurale du pore nucléaire, d'autres nucléoporines complètent l’architecture du NPC et assurent son ancrage à la membrane ainsi que la sélectivité du transport nucléocytoplasmique.
Elles sont insérées dans la zone de fusion entre la membrane nucléaire interne et la membrane nucléaire externe et constituent le point de contact direct entre la bicouche lipidique et la charpente protéique du NPC.
Le long domaine nucléoplasmique de ces nucléoporines transmembranaires interagit préférentiellement avec des nucléoporines des anneaux externes, ce qui explique leur représentation schématique de ce côté du pore, sans pour autant correspondre à une localisation structurale résolue au sein de ces anneaux.
Insertion membranaire du pore nucléaire et déformations
(Figure : vetopsy.fr d'après Yang et coll)
b. Les nucléoporines transmembranaires telles que Pom121 et Nup210 participent à l’ancrage du NPC à l'enveloppe nucléaire, mais leurs domaines transmembranaires, de petite taille et flexibles, ne sont pas résolus dans les reconstructions cryo-EM intégrées du pore et ne peuvent donc pas être visualisés explicitement à ce jour.
Lors de la formation de nouveaux pores, en particulier au cours de la reconstitution post-mitotique de l’enveloppe nucléaire ou lors de l’insertion en interphase, elles interviennent précocement comme points d’ancrage initiaux pour l’assemblage progressif du NPC.
Nucléoporines FG du canal central
1. Les nucléoporines FG constituent la composante centrale du canal de transport du complexe du pore nucléaire et sont impliquées dans le transport nucléocytoplasmique.
a. Elles sont constituées majoritairement par de longues régions intrinsèquement désordonnées, dépourvues de structure secondaire stable, contrairement aux nucléoporines annulaires, permettant la formation d’un réseau dynamique au sein du canal central.
b. Elles présentent des répétitions contenant une phénylalanine (F) suivie d’une glycine (G), formant des motifs FG servant de sites d’interaction transitoire avec les récepteurs de transport.
Les motifs FG sont impliqués dans des interactions rapides et transitoires avec les karyophérines.
Les motifs GLFG sont associés à des interactions plus cohésives contribuant à la densité centrale du réseau.
Les motifs FxFG présentent des profils d’affinité intermédiaires modulant la dynamique locale du transport nucléocytoplasmique.
Sites d’ancrage des nucléoporines FG au module interne du NPC
(Figure : vetopsy.fr d'après Huang et coll)
2. On distingue notamment plusieurs nucléoporines FG contribuant à l’organisation et aux propriétés de perméabilité du canal central.
Structure et nucléoporines du pore nucléaire
(Figure : vetopsy.fr d'après Wu et coll)Nup62 constitue l’un des principaux éléments du canal central et participe à l’établissement d’interactions transitoires avec les karyophérines lors de leur passage à travers la barrière FG.
Nup54 et Nup58/45, associées au complexe central Nup62, contribuent à la formation d’un réseau flexible modulant le diamètre fonctionnel du canal de transport.
Nup98 est ancrée aux anneaux externes via Nup96 et des interfaces avec les complexes en Y.
Nup98 contient des répétitions de type GLFG contribuant à la cohésion du réseau central et à la sélectivité de la barrière de transport.
Nup153, associée à l'anneau nucléaire via des interactions avec le complexe Nup107–160 et Nup155, présente des motifs FxFG participant aux interactions initiales avec les complexes de transport à l’entrée du canal.
1. À leur point d’ancrage, les filaments cytoplasmiques sont associés au complexe en Y constituant l’anneau cytoplasmique du NPC.
Ce module est mécaniquement connecté à l’anneau interne via des nucléoporines structurales telles que Nup155 et Nup205, assurant une continuité architecturale sans constituer le site direct de fixation des filaments.
Filaments cytoplasmiques du NPC et plateforme Nup358 de dissociation Ran-dépendante
(Figure : vetopsy.fr d'après Bley et coll)
2. À partir de ce site d'arrimage, un module d’attache formé par Nup214, Nup88 et Nup62 assure la liaison entre l'anneau interne du pore et l’extension cytoplasmique du filament.
Nup214, nucléoporine riche en répétitions FG, située à la base des filaments cytoplasmiques, intervient dans l’interface avec les importines et contribue à la coordination des étapes terminales du transport vers le cytoplasme ( mécanisme de l'export nucléocytoplasmique).
Remarque : des facteurs associés tels que Nup98, Gle1, DDX19 et Nup42 s’associent à la base ou le long de cette extension, participant notamment au remodelage des complexes ribonucléoprotéiques exportés vers le cytoplasme.
Nucléoporines du panier
Les filaments du panier nucléaire forment une structure hautement flexible dont l’organisation filamentaire reste à ce jour non résolue dans les reconstructions cryo-EM intégrées du NPC humain, contrairement aux filaments cytoplasmiques Nup358-dépendants.
Structure du panier nucléaire
(Figure : vetopsy.fr d'après Singh et coll)
Nup153, nucléoporine riche en répétitions FG localisée à la base du panier nucléaire, assure l’ancrage du panier à l’anneau nucléaire et participe aux interfaces avec les importines et exportines du côté nucléoplasmique.
Nup50, nucléoporine localisée côté nucléoplasmique associée à Nup153, intervient dans les interactions avec les complexes d’import et participe à la régulation des étapes nucléaires du transport.
TPR, protéine majoritairement coiled-coil formant les filaments longs du panier nucléaire, constitue l’ossature filamentaire du panier et contribue à l’organisation structurale de la face nucléaire du pore.
La composition moléculaire de l'anneau distal terminal qui relie les filaments du panier nucléaire n’est pas résolue.
Remarque : chez la levure, le panier nucléaire est constitué notamment de Mlp1/Mlp2, Nup60 et Nup2, homologues fonctionnels respectifs de TPR, Nup153 et Nup50 chez les mammifères.