Les protéines membranaires se classent selon leur mode d’association à la bicouche lipidique en protéines intégrales (transmembranaires, monotopiques ou ancrées aux lipides) et périphériques, déterminant leurs fonctions structurales et de signalisation.
La membrane plasmique contient des protéines associées à la bicouche lipidique selon des modes d’interaction distincts, définissant des catégories structurales qui ne se recouvrent pas nécessairement.
La répartition de ces différentes catégories de protéines conditionne les fonctions de transport, de signalisation et d’organisation structurale des membranes biologiques.
Protéines intégrales (ou intrinsèques)
Les protéines intégrales comprennent :
les protéines transmembranaires,
les protéines ancrées aux lipides.
Protéines transmembranaires
Les protéines transmembranaires (TM) traversent la membrane plasmique, comme leur nom l'indique, de part en part.
Ces protéines sont formées de domaines transmembranaires :
Protéines transmembranaires
(Figure : vetopsy.fr d'aprèsFoobar)
soit d'une ou plusieurs hélices alpha, comme les nombreux récepteurs transmembranaires, comme les récepteurs couplés aux protéines G (GPCR) ou le récepteur de l’insuline,
Certaines protéines à passage unique, dites monopasses, ne traversent la membrane qu'une seule fois.
Les protéines de type I possèdent une extrémité N-terminale du côté extracellulaire et une extrémité C-terminale dans le cytosol, comme le récepteur du LDL, de nombreux récepteurs tyrosine kinases, le récepteur de l’insuline ou la glycophorine.
Les protéines de type II possèdent une extrémité N-terminale dans le cytosol et une extrémité C-terminale du côté extracellulaire, comme le récepteur de la transferrine ou certaines aminopeptidases membranaires.
Les protéines TA (Tail-Anchored) constituent un sous-type distinct de protéines monopass caractérisées par un domaine transmembranaire en position C-terminale et une insertion post-traductionnelle.
Cas particulier : protéines TA
Les protéines TA (Tail-Anchored, i.e. ancrées par la queue) constituent un sous-groupe particulier de protéines transmembranaires monopass caractérisées par un unique domaine transmembranaire situé à l’extrémité C-terminale du polypeptide (How tails guide tail-anchored proteins to their destinations 2007).
Ce segment hydrophobe s’insère dans la bicouche lipidique et ancre la protéine, tandis que l’essentiel de la chaîne polypeptidique, correspondant à la région N-terminale synthétisée en premier, demeure exposé du côté cytosolique.
R-SNARE et Q-SNARE
(Figure : vetopsy.fr d'après Baker et coll)
2. La famille des protéines TA comprend plus de 300 membres chez l'homme, présents dans différentes membranes cellulaires comme celles :
Les protéines de type IV sont constituées de plusieurs polypeptides différents assemblés entre eux dans un canal à travers la membrane, comme les canaux ioniques multimériques comme le récepteur nicotinique de l’acétylcholine ou certains canaux potassiques.
Protéines monotopiques
Protéines monotopiques et ancrées aux lipides
(Figure : vetopsy.fr d'après creative-biostructure.com)
Dans les cellules eucaryotes, certaines protéines intégrales, appelées monotopiques, sont formées d'une chaîne polypeptidique associée à une seule face de la membrane et qui ne traverse pas entièrement la bicouche lipidique.
Les interactions entre les protéines monotopiques et la membrane cellulaire peuvent être assurées :
Remarque : les interactions électrostatiques ou ioniques avec les lipides membranaires, à elles seules, caractérisent plutôt des protéines périphériques et ne définissent généralement pas une protéine intégrale.
Protéines ancrées aux lipides
Les protéines ancrées aux lipides, correspondant aux protéines membranaires de type V, constituent une catégorie de protéines membranaires intégrales associées à la membrane par une liaison covalente avec un groupement lipidique inséré dans la bicouche phospholipidique.
1. Contrairement aux protéines transmembranaires et monotopiques, la chaîne polypeptidique ne pénètre pas dans le cœur hydrophobe de la membrane, mais l’association membranaire est assurée exclusivement par l’ancre lipidique.
Cette modification post-traductionnelle permet une association stable mais potentiellement réversible avec la membrane et joue un rôle important dans la signalisation cellulaire, l’adressage membranaire et l’organisation des microdomaines lipidiques.
2. On distingue principalement :
l’ancrage par glycosylphosphatidylinositol appelé ancre GPI, localisé sur le feuillet extracellulaire de la membrane plasmique, comme CD55 (DAF), CD59 ou la phosphatase alcaline (glycosylphosphatidylinositol (GPI) et ancres GPI).
Variations de la structure des ancres GPI
(Figure : vetopsy.fr d'après Kinoshita et Fujita) l’acylation lipidique (myristoylation, palmitoylation), correspondant à l’ajout d’acides gras favorisant l’association avec la face cytosolique de la membrane, comme la kinase Src (myristoylation) ou certaines protéines Ras palmitoylées,
la prénylation (ou isoprénylation), impliquant l’ajout de groupements isoprénoïdes de type farnésyle (C15) ou géranylgéranyle (C20), facilitant l’ancrage membranaire de nombreuses protéines de signalisation, comme les petites GTPasesRas, Rho ou Rab.
3. Les protéines de type VI possèdent à la fois un domaine transmembranaire et une ancre lipidique, comme certaines protéines de signalisation membranaire comme Hedgehog ou certaines protéines virales associées à la membrane.
Protéines périphériques (ou extrinsèques)
Les protéines membranaires périphériques interagissent avec des protéines membranaires intégrales ou avec les groupes polaires des phospholipides de la membrane par des interactions non covalentes.
Les protéines membranaires périphériques ne pénètrent pas dans le cœur hydrophobe de la membrane.
Structure des intégrines
(Figure : vetopsy.fr d'après Campbell)
1. Certaines sont localisées sur la face cytosolique de la membrane plasmique :
certaines kinases, dont l’association membranaire est régulée et joue un rôle important dans la signalisation cellulaire, comme la protéine kinase PKC activée par le diacylglycérol (DAG) et Ca++.
2. Certaines protéines périphériques sont localisées à la face extracellulaire (exoplasmique) de la membrane plasmique, notamment des protéines associées à la surface cellulaire ou interagissant avec la matrice extracellulaire.