• Comportement du chien et
    du chat
  • Celui qui connait vraiment les animaux est par là même capable de comprendre pleinement le caractère unique de l'homme
    • Konrad Lorenz
  • Biologie, neurosciences et
    sciences en général
  •  Le but des sciences n'est pas d'ouvrir une porte à la sagesse infinie,
    mais de poser une limite à l'erreur infinie
    • La vie de Galilée de Bertold Brecht

Corps nucléaires
2. Corps liés à la régulation transcriptionnelle
2.2. Corps ARN-dépendants de séquestration
Paraspeckles

Sommaire
définition

Les paraspeckles sont des compartiments nucléaires ARN-dépendants organisés autour du lncRNA NEAT1, impliqués dans la rétention et la régulation post-transcriptionnelle des ARN au sein du noyau.

Principaux corps nucléaires
Principaux corps nucléaires
(Figure : avec l'aimable autorisation de David Spector)

Les paraspeckles constituent des compartiments nucléaires dynamiques localisés dans le nucléoplasme interchromatinien et présents principalement dans les cellules différenciées ou soumises à des signaux spécifiques.

Les paraspeckles interviennent dans le contrôle qualitatif et quantitatif de certains transcrits nucléaires, notamment par la rétention d’ARN contenant des éléments répétitifs ou des régions éditées, modulant ainsi leur disponibilité pour l’export et la traduction.

Leur formation et leur abondance varient selon le type cellulaire et les conditions physiologiques, traduisant une adaptation fine du métabolisme des ARN aux besoins de la cellule.

Paraspeckles

Structure des paraspeckles
Structure des paraspeckles
(figure : vetopsy.fr d'après West et coll)

Organisation structurale et composition moléculaire

Les paraspeckles, structures nucléaires sphériques ou irrégulière, de 0.5 μm de diamètre, sont au nombre de 5 à 20 par noyau (Structural, super-resolution microscopy analysis of paraspeckle nuclear body organization 2016).

1. Les paraspeckles comprennent un ARN long non codant (IncRNA), NEAT1 (Nuclear Enriched Abundant Transcript 1), qui constitue l’élément central indispensable et qui existe sous deux isoformes.

a. NEAT1_2, isoforme longue d’environ 23 kb, annciennement Menβ, non polyadénylée, agit comme ARN architectural essentiel en servant de plateforme d’assemblage pour les protéines des paraspeckles et en initiant leur formation (Isoform balance of the long noncoding RNA NEAT1 is regulated by the RNA-binding protein QKI, governs the glioma transcriptome, and impacts cell migration 2024).

Différentes fonctions des protéines DBHS
Composants des paraspeckles
(Figure : vetopsy.fr d'après Sasaki)

L’absence de NEAT1_2 empêche la formation des paraspeckles, démontrant son rôle structural central (LncRNA NEAT1 in skin disorders: Pathophysiological insights and emerging therapeutic strategies 2025).

b. NEAT1_1, isoforme courte d’environ 3,7 kb, anciennement Menε, polyadénylée, dont le rôle structural est limité et qui peut exister indépendamment des paraspeckles, , sans être suffisante à elle seule pour initier leur assemblage.

2. Les paraspeckles contiennent également plusieurs protéines de liaison aux ARN appartenant à la famille DBHS (Drosophila Behavior Human Splicing), dont les membres diffèrent par certaines régions fonctionnelles et leurs partenaires moléculaires, tout en conservant une architecture structurale commune leur permettant de former des complexes ribonucléoprotéiques (The DBHS proteins SFPQ, NONO and PSPC1: a multipurpose molecular scaffold 2016).

a. Les principales protéines DBHS présentes dans les paraspeckles se lient directement au lncRNA NEAT1_2 et participent à l’assemblage et à la stabilisation du paraspeckle en formant un réseau ribonucléoprotéique organisé (Paraspeckle subnuclear bodies depend on dynamic heterodimerisation of DBHS RNA-binding proteins via their structured domains 2022).

  • NONO (Non-POU domain-containing octamer-binding protein),
  • SFPQ (Splicing Factor Proline and Glutamine-rich, également appelé PSF)
  • PSPC1 (Paraspeckle Protein Component 1).
Membres de la famille des protéines DBHS
Membres de la famille des protéines DBHS
(figure : vetopsy.fr d'après Lee et coll)

b. Sur le plan structural, les protéines DBHS possèdent :

  • deux domaines de reconnaissance de l’ARN, RRM1 et RRM2 (RNA Recognition Motifs), situés dans leur région N-terminale, qui assurent la liaison directe aux ARN.
  • un domaine central NOPS (NONO-PSPC1-SFPQ), impliqué dans leur dimérisation,
  • un domaine C-terminal en hélice α favorisant les interactions protéine-protéine.

c. Ces protéines forment des dimères stables et agissent comme des adaptateurs moléculaires capables de lier simultanément le lncRNA NEAT1 et d’autres protéines nucléaires.

Cette propriété permet la formation d’une matrice ribonucléoprotéique tridimensionnelle qui constitue l’ossature structurale du paraspeckle et assure sa stabilité ainsi que son organisation spatiale dans le nucléoplasme.

Fonctions des paraspeckles

Les paraspeckles contribuent au contrôle post-transcriptionnel de l’expression des gènes en assurant principalement :

  • Différentes fonctions des protéines DBHS
    Différentes fonctions des protéines DBHS
    (Figure : vetopsy.fr d'après Cao et coll)
    la rétention nucléaire sélective de certains ARN,
  • la régulation de la disponibilité fonctionnelle de protéines impliquées dans l’expression génique.

1. Les paraspeckles séquestrent des protéines de liaison aux ARN, notamment SFPQ, NONO et PSPC1, qui se lient au lncRNA NEAT1 et aux ARN cibles, contribuant à leur rétention dans ces compartiments nucléaires

a. Les paraspeckles retiennent dans le noyau certains ARN contenant des régions double brin, souvent générées par des répétitions inversées issues d’éléments SINE (comme les Alu chez l’humain) ou soumises à une édition A-to-I (adénosine-vers-inosine).

b. Cette rétention permet de stocker des ARN prêts à être utilisés dans le noyau et de les libérer rapidement dans le cytoplasme en réponse à des signaux cellulaires, assurant une régulation post-transcriptionnelle rapide de l’expression génique.

2. L’ensemble de ces mécanismes permet aux paraspeckles d’adapter rapidement l’expression génique en modulant la localisation des ARN et des protéines régulatrices au sein du noyau.

Corps nucléaires orphelins