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Acides nucléiques
ADN : transcription
Répression transcriptionnelle

Sommaire
définition

La répression transcriptionnelle regroupe les mécanismes moléculaires inhibant l’expression génique par les facteurs répresseurs, les corépresseurs et l’établissement d’états chromatiniens répressifs.

Principes généraux de la répression transcriptionnelle

1. Chez les eucaryotes, la répression transcriptionnelle dépend généralement de mécanismes coordonnés conduisant à l’établissement d’un environnement chromatinien peu accessible (hétérochromatine) associé à une diminution de l’accessibilité de l’ADN et à l’inhibition de la machinerie transcriptionnelle, à savoir (Unraveling Mechanisms of Transcriptional Repression: Novel Insights from Brinker 2013) :

Mécanismes de la répression transcriptionnelle
Mécanismes de la répression transcriptionnelle
(Figure : vetopsy.fr adaptée d'après Priyanka Upadhyai)

2. La répression transcriptionnelle implique fréquemment :

3. Chez les eucaryotes, la répression transcriptionnelle est également étroitement couplée aux voies de signalisation intracellulaire.

Les répresseurs transcriptionnels peuvent agir seuls ou en coopération avec d’autres facteurs de transcription et participent à des réseaux régulateurs complexes dépendant du type cellulaire et des signaux extracellulaires.

De nombreux facteurs de transcription sont régulés par phosphorylation, acétylation, ubiquitination, interactions protéiques, translocation nucléaire induite par des signaux extracellulaires.

bien

Ces mécanismes permettent à la cellule de moduler rapidement la répression transcriptionnelle en réponse aux variations de l’environnement, aux signaux hormonaux, aux facteurs de croissance, aux stress cellulaires ou aux processus de différenciation.

Acteurs de la répression transcriptionnelle

Facteurs répresseurs

Les facteurs répresseurs sont des facteurs de transcription spécifiques capables de diminuer ou d’inhiber l’activité transcriptionnelle de gènes cibles par le recrutement de corépresseurs et de complexes répressifs.

Ces protéines reconnaissent des séquences spécifiques de l’ADN situées au niveau des promoteurs, des silencers ou d'autres éléments cis-régulateurs et recrutent différents complexes répressifs capables de limiter l’activité transcriptionnelle.

1. La majorité des facteurs répresseurs possèdent une organisation modulaire comprenant :

  • un domaine de liaison à l’ADN reconnaissant des séquences spécifiques,
  • un domaine de répression transcriptionnelle capable de recruter différents corépresseurs et complexes régulateurs impliqués notamment dans la compaction de la chromatine, les modifications répressives des histones et l’inhibition de la machinerie transcriptionnelle.
Facteur répresseur REST/NRSF et répression transcriptionnelle
Facteur répresseur REST/NRSF et répression transcriptionnelle
(Figure : vetopsy.fr adaptée d'après Hwang et Zukin)

2. Les principaux facteurs répresseurs transcriptionnels comprennent :

3. L’activité des facteurs activateurs dépend fréquemment de mécanismes régulateurs contrôlant :

  • leur expression,
  • leur localisation nucléaire,
  • leur stabilité,
  • leurs modifications post-traductionnelles,
  • leurs interactions avec d’autres protéines régulatrices.

Remarque : la répression transcriptionnelle n’est généralement pas un état définitif et de nombreux gènes peuvent alterner entre des états réprimés et actifs sous l’effet de mécanismes réversibles impliquant la chromatine, les facteurs transcriptionnels et différents complexes régulateurs (louperépression facultative et plasticité transcriptionnelle).

Corépresseurs transcriptionnels

Les corépresseurs transcriptionnels regroupent différentes protéines ou complexes multiprotéiques capables d'inhiber la transcription sans reconnaître directement l’ADN de manière spécifique.

Ils sont recrutés par les facteurs répresseurs fixés sur les promoteurs, les silencers ou d'autres éléments cis-régulateurs et favorisent l’établissement d’un environnement transcriptionnel répressif.

1. Les corépresseurs exercent leurs fonctions par plusieurs mécanismes complémentaires impliquant notamment :

Corépresseurs transcriptionnels et remodelage répressif de la chromatine
Corépresseurs transcriptionnels et remodelage répressif de la chromatine
(Figure : vetopsy.fr adaptée d’après 2014, Neuropharmacology Schoch et Abel)
bien

Les complexes Polycomb PRC1 et PRC2, complexes corépresseurs majeurs impliqués dans le maintien de domaines transcriptionnellement réprimés, sont étudiés dans une page spécifique.

2. Parmi les autres corépresseurs figurent notamment :

Mécanismes de répression transcriptionnelle

Remodelage répresseur de la chromatine et modifications des histones

La répression transcriptionnelle nécessite fréquemment l’établissement local d’un environnement chromatinien peu accessible (hétérochromatine) limitant l’accessibilité des promoteurs, des silencers et d'autres éléments cis-régulateurs aux facteurs de transcription et à la machinerie transcriptionnelle.

Coeurs catalytiques des complexes de remodelage
Mécanisme des complexes de remodelage
(Figure : vetopsy.fr d'après Magaña-Acosta et coll)

Chez les eucaryotes, cette compaction de la chromatine dépend notamment de complexes de remodelage ATP-dépendants et de modifications post-traductionnelles des histones qui agissent de manière coordonnée.

1. Les complexes de remodelage chromatinien ATP-dépendants utilisent l’énergie issue de l’hydrolyse de l’ATP pour modifier l’organisation des nucléosomes et peuvent :

  • favoriser le repositionnement des nucléosomes,
  • augmenter leur stabilité locale,
  • diminuer l’accessibilité de régions régulatrices spécifiques,
  • favoriser l’établissement de domaines chromatiniens répressifs.
bien

Les complexes SWI/SNF (BAF chez les mammifères), ISWI, CHD, INO80 sont étudiés dans un chapitre spécifique.

2. La répression transcriptionnelle est également associée à différentes modifications répressives des histones qui favorisent généralement la compaction de la chromatine et l’établissement d’états transcriptionnellement réprimés (loupe code des histones).

a. Les modifications des histones et les mécanismes de remodelage chromatinien sont étroitement couplés, notamment par :

b. L’établissement, la reconnaissance et l’élimination de ces modifications reposent respectivement sur des enzymes writers, des protéines readers et des enzymes erasers (loupe principe combinatoire des modifications d’histones).

Les trois classes de protéines impliquées dans le code des histones
Les trois classes de protéines impliquées dans le code des histones
(Figure : vetopsy.fr d'après Malone et coll)

3. Ces mécanismes facilitent :

  • la diminution de l’accessibilité des régions régulatrices,
  • le recrutement de corépresseurs transcriptionnels et de complexes chromatiniens répressifs,
  • la stabilisation d’états chromatiniens répressifs,
  • l’inhibition de l’initiation transcriptionnelle et de l’élongation productive.

Méthylation de l’ADN et silencing transcriptionnel

Chez les eucaryotes, la méthylation de l’ADN constitue un mécanisme épigénétique majeur associé à la répression transcriptionnelle stable de nombreux loci génomiques.

1. Cette modification correspond principalement à l’ajout d’un groupe méthyle sur certaines cytosines des dinucléotides CpG par les ADN méthyltransférases (DNMT) et favorise généralement un état transcriptionnel réprimé.

La méthylation de l’ADN peut notamment :

2. La méthylation de l’ADN joue notamment un rôle important dans l’empreinte génomique, l’inactivation du chromosome X, la répression des transposons et le maintien de l’identité cellulaire.

Répression facultative et plasticité transcriptionnelle

Chez les eucaryotes, la répression transcriptionnelle peut correspondre à des états chromatiniens stables et durables comme l’hétérochromatine constitutive, mais également à des états répressifs facultatifs conservant une certaine plasticité transcriptionnelle.

1. Contrairement à l’hétérochromatine constitutive principalement associée aux régions répétitives, aux centromères ou à certains éléments transposables (transposons), l’hétérochromatine facultative concerne généralement des gènes dont l’expression dépend du contexte cellulaire, du développement ou des signaux extracellulaires.

Ces états transcriptionnellement réprimés mais potentiellement réactivables reposent sur des mécanismes réversibles impliquant facteurs répresseurs, corépresseurs transcriptionnels, remodelage chromatinien, modifications dynamiques des histones et contrôle de l’activité de l’ARN polymérase II.

2. Chez les eucaryotes, de nombreux gènes sont maintenus dans des états transcriptionnels transitoirement réprimés pouvant être rapidement réactivés en réponse à des signaux cellulaires, notamment lors :

bien

La transition entre activation et répression transcriptionnelle dépend ainsi d’un équilibre dynamique entre complexes activateurs et répressifs, modifications chromatiniènnes antagonistes et signaux cellulaires convergeant vers les mêmes loci génomiques.

Ces processus sont étroitement couplées aux mécanismes de maturation, de surveillance et de régulation des ARN, étudiés dans des pages spécifiques.

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