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Acides nucléiques
ADN : synthèse

Sommaire
définition

La synthèse de l’ADN est la polymérisation de désoxyribonucléotides triphosphates par les ADN polymérases selon la complémentarité des bases et dans le sens 5' ➞ 3', principe fondamental de la réplication du génome.

Principes généraux de la synthèse de l’ADN

La synthèse de l’ADN correspond au processus enzymatique par lequel une ADN polymérase assemble des désoxyribonucléotides triphosphates (dNTP) afin de former un nouveau brin d’ADN complémentaire d’un brin matrice.

1. Cette réaction repose sur plusieurs principes universels :

  • la complémentarité des bases azotées,
  • la directionnalité de la synthèse 5' → 3',
  • l’utilisation de dNTP comme substrats énergétiques,
  • la nécessité d’une amorce préexistante,
  • la fidélité enzymatique élevée assurée par les ADN polymérases.

2. Dans les cellules, ces principes permettent la copie fidèle du génome lors de la réplication, mais ils interviennent également dans d’autres processus comme la réparation de l’ADN.

Nucléotides et ADN
Nucléotides et ADN
(Figure : vetopsy.fr d'après OpenStax)

Incorporation des nucléotides et complémentarité des bases

1. La synthèse de l’ADN repose sur l’incorporation successive de désoxyribonucléosides triphosphates (dNTP) dans un brin d’ADN en cours d’élongation.

a. Les substrats utilisés sont le dATP, dTTP, dGTP et le dCTP.

  • Ces molécules fournissent à la fois les unités structurales de l’ADN et l’énergie nécessaire à la polymérisation.
  • L’ADN utilise la thymine et non l’uracile, ce qui permet aux cellules de reconnaître les uraciles résultant de la désamination spontanée de la cytosine et de les éliminer par les systèmes de réparation de l’ADN, notamment la réparation par excision de base (louperéparation de la désamination de la cytosine en uracile).

b. L’incorporation d’un nucléotide est catalysée par une ADN polymérase, enzyme capable d’ajouter un dNTP sur l’extrémité 3' d’un brin en croissance (loupe ADN polymérase).

  • La réaction consiste en la formation d’une liaison phosphodiester entre le phosphate α du dNTP entrant et le groupement hydroxyle 3' du dernier nucléotide du brin en cours de synthèse.
  • La réaction est catalysée dans le site actif de la polymérase avec deux ions Mg2+ qui stabilisent les charges négatives des phosphates.
  • Cette réaction s’accompagne de la libération d’un pyrophosphate (PPi), dont l’hydrolyse rend la réaction globalement irréversible.
ADN polymérase et désoxyribonucléotides triphosphates
ADN polymérase et désoxyribonucléotides triphosphates
(Figure : vetopsy.fr)

2. L’incorporation des nucléotides dépend de la complémentarité des bases azotées, principe fondamental de la structure de l’ADN (loupe bases azotées).

a. La formation des paires repose sur des liaisons hydrogène spécifiques et sur la géométrie stérique des bases, ce qui permet à l'ADN polymérase de sélectionner préférentiellement le nucléotide correct.

  • L’adénine (A) s’apparie avec la thymine (T) par deux liaisons hydrogène, A=T,
  • La cytosine (C) s’apparie avec la guanine (G) par trois liaisons hydrogène, G≡C.

b. Ce mécanisme assure que chaque brin parental d’ADN peut servir de matrice pour la synthèse d’un nouveau brin complémentaire constituant la copie fidèle de l’information génétique (loupe réplication de l'ADN).

  • Cette fidélité repose également sur la capacité des ADN polymérases à reconnaître la géométrie correcte des paires de bases et, pour certaines d’entre elles, à corriger les erreurs d’incorporation grâce à une activité exonucléase 3' → 5' (loupe proofreading).
  • Les erreurs restantes peuvent être corrigées par des systèmes spécialisés de réparation de l’ADN (loupe réparation de l'ADN).

c. Ce principe conduit à une réplication dite semi-conservative, dans laquelle chaque molécule d’ADN fille contient un brin parental conservé et un brin nouvellement synthétisé.

Direction de synthèse de l’ADN et organisation des brins

1. La synthèse de l’ADN présente une directionnalité stricte imposée par le mécanisme catalytique des ADN polymérases (loupe ADN polymérase).

  • L’incorporation d’un nucléotide ne peut se produire que sur le groupement hydroxyle 3'-OH libre du dernier nucléotide du brin en croissance.
  • La polymérisation se fait donc exclusivement dans le sens 5' → 3', tandis que le brin matrice est lu dans le sens opposé 3' → 5'. C

2. En raison de ce mécanisme, les ADN polymérases sont incapables d’initier la synthèse d’un nouveau brin de novo.

  • Elles nécessitent une extrémité 3'-OH préexistante, fournie par une amorce constituée d’un court fragment d’acide nucléique.
  • Lors de la réplication du génome, cette amorce est généralement un court segment d’ARN, synthétisé par une primase (loupe réplication de l'ADN).

3. La contrainte de synthèse 5' → 3' impose une organisation asymétrique lorsque les deux brins de la double hélice sont copiés simultanément.

bien

La synthèse des brins directeur et retardé est étudiée dans un chapitre spécifique.

a. Le brin directeur (leading stand) est synthétisé de manière continue dans le sens 5' → 3', dans la même direction que la progression de la fourche de réplication.

Cette continuité est rendue possible par l’orientation antiparallèle des deux brins d’ADN, qui permet à l’ADN polymérase de suivre directement le brin matrice lu dans le sens 3' → 5'.

b. Le brin retardé (lagging strand) est synthétisé de manière discontinue, car son orientation est opposée à celle de la progression de la fourche de réplication.

conclusion

Dans les cellules, tous ces mécanismes sont intégrés dans un processus beaucoup plus complexe, la réplication de l’ADN, impliquant de nombreuses protéines et une organisation structurale spécifique de la fourche de réplication.

Réplication de l'ADN