Mémoire à court terme

Citation

« Il faut savoir oublier pour goûter la saveur du présent, de l'instant et de l'attente, mais la mémoire elle-même a besoin de l'oubli. Il faut oublier le passé récent pour retrouver le passé ancien. »

Marc Augé

Documentation web

Sommaire
  1. Généralités sur la mémoire
  2. Bref historique de la mémoire
  3. Modèles et définitions de la mémoire
  4. Différentes mémoires
      1. Mémoire à long terme (1) : encodage
      2. Mémoire à long terme (2) : stockage
      3. Mémoire à long terme (3) : récupération
      4. Mémoire à long terme (4) : oubli
      5. Mémoire à long terme non-déclarative (1)
      6. Mémoire à long terme non-déclarative (2)
      7. Mémoire à long terme déclarative
  5. Bases neurobiologiques de la mémoire
    1. Bases neurobiologiques générales de la mémoire
      1. Assemblées cellulaires
      2. Aires corticales
    2. Bases neurobiologiques de la mémoire à court terme
    3. Bases neurobiologiques de la mémoire de travail
    4. Bases neurobiologiques de la mémoire à long terme
      1. Bases anatomiques de la mémoire à long terme non-déclarative
      2. Bases anatomiques de la mémoire à long terme déclarative
        1. Bases anatomiques de la mémoire à long terme déclarative : découvertes
        2. Bases anatomiques de la mémoire à long terme déclarative : lobes temporaux
        3. Bases anatomiques de la mémoire à long terme déclarative : diencéphale
        4. Bases anatomiques de la mémoire à long terme déclarative : lobes frontaux
        5. Bases anatomiques de la mémoire émotionnelle : système limbique
      3. Bases moléculaires de la mémoire à long terme
        1. Bases moléculaires de la mémoire à long terme : potentialisation à long terme ou PLT (1)
        2. Bases moléculaires de la mémoire à long terme: potentialisation à long terme ou PLT (2)
        3. Bases moléculaires de la mémoire à long terme: dépression à long terme (DLT)

Bibliographie

Le système cognitif peut être considéré de manière globale comme un système de traitement des informations : il traite des données sensorielles (visuelles, auditives, olfactives, tactiles et gustatives) et somesthésiques (sensations, émotions), les sélectionne, les code sous différentes formes, les intègre en les organisant et les restitue quand il le faut.

La mémoire, au sens commun du terme, peut être, dans cette optique, considérée comme une base d'informations, somme toute comme le disque dur d'un ordinateur.

L'information passerait par trois stades successifs :

  • la mémoire sensorielle ( infos),
  • la mémoire à court terme (MCT),
  • la mémoire à long terme (MLT - infos -).
Différentes mémoires

Définition de la mémoire à court terme


La mémoire à court terme est une mémoire qui maintient l'information de manière temporaire dans le cerveau (Wiki). Nous y inclurons la mémoire de travail ( infos) qui peut être considérée comme une évolution du concept de la mémoire à court terme.

La définition précise de la mémoire à court terme est différente selon les auteurs : l'évolution de l'étude de cette mémoire en a singulièrement compliquée les mécanismes par rapport à ceux découverts par Ebbinghaus. La mémoire de travail, par exemple, est :

  • soit intégrée dans la mémoire à court terme (ce que nous ferons),
  • soit indépendante de la mémoire à court terme,
  • soit considérée comme une partie activée de la mémoire à long terme (modèle de Cowan - infos -).

L'information contenue dans cette mémoire à court terme peut être :

  • oubliée,
  • incorporée dans la mémoire à long terme.

Expérience du numéro de téléphone

Téléphone d'ETL'exemple le plus classique décrit par tous les scientifiques pour la mémoire à court terme est celui de la réminiscence d'un numéro de téléphone inconnu jusqu'alors.

  • Si nous ne pouvons le noter sur un bout de papier, nous allons le répéter mentalement (discours intérieur) ou verbalement jusqu'à l'exécuter correctement sur le cadran téléphonique. Puis, il sera oublié aussi rapidement.
  • Si on ne le répète pas ou si nous sommes dérangés par autre chose, même peu de temps, nous ne nous souviendrons plus de ce numéro.
  • Par contre, si nous voulons retenir le numéro de téléphone pour un rappel différé, nous devons utiliser un moyen mnémotechnique, c'est-à-dire, par exemple, une structuration des chiffres (approfondissement de l'information - infos -).

Que devons-nous déduire de cette expérience ?

1. Il existe deux sortes de mémoires (à court terme et à long terme) qui ne fonctionnent pas de la même manière. Cela, on le savait déjà !

2. La mémoire à court terme ne conserve que certaines informations, et encore !


Pour l'instant, retenons de cet exemple que si nous voulons garder une information plus longtemps en mémoire, nous devons la répéter
.

3. L'oubli peut survenir même après une répétition !

Empan de mémoire

Ebbinghaus L'empan de mémoire fut découvert par le psychologue allemand Hermann Ebbinghaus (1850-1909) qui fut le premier à conduire des expériences en laboratoire sur la mémoire.

Pour faire disparaître tous les phénomènes subjectifs et être sûr que l'information apprise était nouvelle (sans association préalable), il travailla non sur des apprentissages de textes ou des listes de mots, mais sur des listes de syllabes consonne-voyelle-consonne (2300 environ) sans aucune signification (qu'on appelle paralogues) du genre VOB, RIL, MUT… Il les écrivit chacune sur un morceau de papier, les tira au sort et en fit des listes de 7 à 36 syllabes qu'il répétait à voix haute (150 syllabes à la minute).

Dès 1885, il montra que la mémorisation de 7 paralogues ne nécessite qu'une seule présentation (empan de mémoire - infos -). Au-dessus de ce nombre, la répétition est impérative. La rétention est proportionnelle au nombre de répétitions (entre 8 et 64 dans ses expériences), mais pas à la longueur de la liste.

L'empan de mémoire est le nombre d'items maximum dont peut se rappeler le sujet immédiatement après une seule présentation.

Il est de 5 à 9 items (comme des lettres par exemple), ce qui peut être considéré comme la capacité maximale de cette mémoire à court terme. Miller (1956) a intitulé son travail : " Le nombre magique 7 ± 2 " ( infos).

L'empan est une ancienne mesure de longueur correspondant à l'intervalle compris entre l'extrémité du pouce et celle du petit doigt dans leur plus grand écart.

Empan mémoriel Cet empan n'est pas de 7 ± 2 items (comme, par exemple, des lettres ou des chiffres), mais de groupes d'éléments (chunks - gros morceau en français -).

En effet, par un travail sémantique comme un regroupement par exemple, il est possible de considérer plusieurs éléments comme un seul chunk (noms d'animaux par exemple, lettre formant un sigle connu - SNCF : 1 seul chunk, mais quatre lettres, alors que FNCS formera 4 chunks).


La mémoire à court terme est dépendante de celle à long terme (où l'on cherche des associations)
.

Toutefois, cette définition de l'empan est bien trop générale : par exemple, le nombre de mots retenus en rappel sériel est plus important quand les mots sont courts que quand les mots sont longs.

Prenons une liste de 6 mots par exemple : nous pouvons remarquer que si ces mots sont courts (deux syllabes par exemple : cadeau, pignon, cheval…), nous les retiendrons mieux que des mots plus longs (hippopotame, constitutionnel, paratonnerre…). Nous verrons que cette expérience est à la base de certains concepts de la mémoire de travail (boucle articulatoire de la boucle phonologique - infos -).


La capacité de la MCT ne correspond pas à l'empan mnémonique !

Oubli et récupération

MémoireMémoire sensorielleMémoire à court termeMémoire de travail
Mémoire à long termeMémoire à long terme non-déclarative
Mémoire à long terme déclarativeBases neurobiologiques de la mémoire

Bibliographie
  • Doré F, Mercier P. - Les fondements de l'apprentissage et de la cognition - Presses universitaire de Lille, Gaêtan Morin éditeur, 496 p., 1992
  • Cordier F., Gaonac'h D. - Apprentissage et mémoire - Nathan, 127 p., 2004
  • Fortin C., Rousseau R. - Psychologie cognitive : une approche de traitement de l'information - Presses de l'Université du Québec, 434 p. , 1992
  • Malcut G., Pomerleau A., Maurice P. - Psychologie de l'apprentissage : termes et concepts - Edisem, maloine, 243 p., 1995
  • Roulin J.L. - Psychologie cognitive - Bréal éditeurs, 445 p., 2005
  • Purves D., Augustine G.J., Fitzpatrick D., Katz L.C., Lamantia A-S, McNamara J.O., Williams S.M. - Neurosciences - De Boeck, 800 p., 2003
  • Kolb B., Whishaw I. - Cerveau et comportement - De Boeck, 646 p., 2002
  • Bear M.F., Connors B.W., Paradiso M.A. - Neurosciences : à la découverte du cerveau - Masson-Williams, 654 p, 1997
  • Pinel J. - Biopsychologie - Pearson Education France, 508 p., 2007