• Comportement du chien et
    du chat
  • Celui qui connait vraiment les animaux est par là même capable de comprendre pleinement le caractère unique de l'homme
    • Konrad Lorenz
  • Biologie, neurosciences et
    sciences en général
  •  Le but des sciences n'est pas d'ouvrir une porte à la sagesse infinie,
    mais de poser une limite à l'erreur infinie
    • La vie de Galilée de Bertold Brecht

Constituants cellulaires
Cytosquelette : microtubules
Vue d'ensemble

Sommaire
définition

Les microtubules forment un réseau dynamique et polarisé dont la structure tubulaire soutient l’organisation, le transport et la division des cellules.

Microtubules
Microtubules
(Figure : vetopsy.fr d'après Kuriyama)

Les microtubules, constituant l’un des piliers structuraux du cytosquelette, sont des polymères tubulaires rigides dont l’architecture impose :

  • une polarité directionnelle,
  • une dynamique intrinsèque,
  • une organisation spatiale adaptée aux exigences mécaniques et fonctionnelles de la cellule.

Architecture
canonique du
microtubule

Les microtubules sont des cylindres creux constitués de protofilaments alignés longitudinalement.

1. La structure canonique comprend 13 protofilaments disposés en paroi régulière.

a. Cette géométrie confère une asymétrie structurale conférant rigidité, flexibilité contrôlée et orientation unique du polymère. :

b. Cette polarité détermine l’orientation des flux, le transport intracellulaire et l’organisation globale du réseau.

Remarque : dans le centriole, le tubule A est un microtubule complet à 13 protofilaments, les tubules B et C sont des microtubules incomplets, partageant respectivement 10 et 7 protofilaments avec le tubule adjacent (loupe organisation A-B-C du centriole).

Structure microtubulaire et instabilité dynamique
Structure microtubulaire et instabilité dynamique
(Figure : vetopsy.fr d'après Pellegrini et coll)

2. L’élément de base du microtubule est le dimère d'αβ-tubuline qui constitue l’unité fondamentale de polymérisation et dont les propriétés structurales et nucléotidiques gouvernent la dynamique du polymère.

  • La tubuline-GTP s’intègre préférentiellement à l’extrémité (+) pour la polymérisation.
  • L’hydrolyse du GTP portée par la β-tubuline entraîne une courbure défavorable, à l’origine des transitions entre phases de croissance et de dépolymérisation.

3. Les isoformes α, β et γ possèdent des fonctions distinctes :

Polarité du microtubule

La structure du microtubule repose sur l’assemblage polarisé des dimère d'αβ-tubuline, dont l’empilement tête-bêche génère deux extrémités intrinsèquement différentes (loupe interactions longitudinales).

Cette polarité détermine la dynamique du polymère et l’orientation des flux intracellulaires.

1. L’extrémité (-) correspond au côté où l’α-tubuline est exposée.

Dimère de tubuline
Dimère de tubuline
(Figure : vetopsy.fr d'après Alushin et coll)

a. Sa dynamique est faible car :

  • son taux d’ajout de dimères est limité,
  • elle est stabilisée ou ancrée dès la nucléation,
  • elle est protégée contre la catastrophe spontanée.

b. Dans les cellules animales, elle est le plus souvent :

Cette stabilisation contribue à organiser des réseaux orientés.

2. L’extrémité (+) expose la β-tubuline, aui constitue le principal site de croissance et d’adaptation du réseau microtubulaire.

Elle possède une dynamique très élevée et constitue le principal site de croissance et d’adaptation du réseau microtubulaire grâce à :

3. La polarité découle de l’asymétrie intrinsèque du dimère α/β.

a. Le contact longitudinal β ➞ α n’est pas équivalent au contact α ➞ β,

  • l’empilement séquentiel impose une orientation unique des dimères,
  • cette organisation se transmet à tout le protofilament et au cylindre microtubulaire.

b. Cette architecture détermine :

Organisation, dynamique et régulation du réseau microtubulaire

La plasticité du réseau microtubulaire dépend de facteurs multiples :

1. La formation des microtubules dépend de structures spécialisées qui contrôlent l’emplacement et l’orientation initiale du polymère.

2. La dynamique repose sur un équilibre instable entre croissance, dépolymérisation et phases intermédiaires modulées par l’état nucléotidique et les contraintes mécaniques.

  • La coiffe GTP stabilise l’extrémité (+).
  • Sa perte déclenche la catastrophe et l’arrondissement des protofilaments.
  • Les épisodes de sauvetage reflètent une réacquisition locale de stabilité.

3. Les MAP (Microtubule-Associated Proteins) modulent la stabilité, la dynamique et l’architecture du réseau microtubulaire en s’adaptant aux fluctuations mécaniques et aux signaux cellulaires.

  • Les MAP stabilisatrices renforcent la paroi polymérique.
  • Les MAP déstabilisatrices favorisent les transitions catastrophe.
  • Les MAP organisatrices contrôlent l’orientation des faisceaux et la géométrie du fuseau.
  • Les +TIP, localisées à l’extrémité (+), guident la croissance et le ciblage directionnel du polymère.
  • Les -TIP stabilisent l’extrémité (-) et structurent les réseaux non-centrosomaux.
  • Les enzymes de coupure AAA+ assurent la fission locale du polymère.

Organisation cellulaire du réseau microtubulaire

1. La distribution des microtubules reflète l’état physiologique de la cellule.

a. Pendant l'interphase, les MT forment un réseau radial centré sur le centrosome.

b. Pendant la mitose, ils s’organisent en un système bipolaire constituant le fuseau mitotique, avec des populations spécialisées :

  • kinétochoriens, attachés aux kinétochores et responsables de la capture et de la ségrégation des chromosomes,
  • interpolaires, qui s’imbriquent au centre du fuseau et assurent la poussée et l’élongation du dispositif mitotique,
  • astraux, rayonnant depuis les pôles et impliqués dans l’ancrage cortical et l’orientation du fuseau.
bien

Le fuseau mitotique et la mitose sont étudiés dans des chapitres spécifiques.

Fuseau mitotique et microtubules
Fuseau mitotique et microtubules
(Figure : vetopsy.fr d'après Ryniawec et coll)

2. Cette architecture dynamique résulte de l’activité coordonnée des MAP, des MTOC et des mécanismes de nucléation, maturation et fission.

Fonctions biologiques essentielles

1. Les microtubules (Regulation of microtubule dynamics, mechanics and function through the growing tip 2021) :

2. Le réseau microtubulaire coopère avec l’actine et les filaments intermédiaires pour maintenir la cohésion mécanique et la plasticité structurale de la cellule en assurant :

Nucléation des microtubules