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Cytosquelette : filaments intermédiaires de type V
Lamines

Sommaire
définition

Les lamines nucléaires sont des filaments intermédiaires de type V qui forment la lamina nucléaire et structurent l’architecture, la mécanique et l’organisation fonctionnelle du noyau.

Les filaments intermédiaires de type V sont composés de protéines fibrillaires appelées lamines, retrouvées essentiellement dans le nucléoplasme.

Elles forment :

  • Localisation des lamines
    Localisation des lamines
    (Figure : vetopsy.fr d'après Dittmer)
    la lamina nucléaire, armature protéique de 10 à 30 nm de large qui borde la membrane nucléaire sur sa face interne, constituée par l’assemblage des différents types de lamines,
  • le voile nucléoplasmique plus diffus, présent dans le nucléoplasme au cours de l’interphase, principalement associé aux lamines de type B.

Les lamines sont synthétisées dans le cytoplasme, puis importées dans le noyau grâce à un signal de localisation nucléaire avant leur assemblage au sein de la lamina ou du nucléoplasme (Advances in research on the relationship between the LMNA gene and human diseases (Review) 2024).

Diversité et organisation des lamines nucléaires

1. Les lamines, filaments intermédiaires de classe V, sont classées en deux grands groupes.

a. Les lamines de type A (lamines A et C) sont uniquement exprimées après la gastrulation (gène LMNA).

Outre les lamines A et C, on identifie des isoformes mineures, telles que la lamine C2 (spécifique du testicule) et la lamine AΔ10 dans certaines cellules somatiques.

b. les lamines de type B (lamines B1 et B2), exprimées dans l’ensemble des cellules somatiques et codées par les gènes LMNB1 et LMNB2, sont associées à la membrane nucléaire interne notamment via LBR (Lamin B Receptor).

Une isoforme B3 est également exprimée dans le testicule.

Noyau cellulaire et le cytosquelette environnant
Noyau cellulaire et le cytosquelette environnant
(Figure : vetopsy d'après Zhao et coll)

2. Les lamines de type A/C et les lamines de type B s’organisent en réseaux moléculaires distincts au sein de la lamina nucléaire, présentant des propriétés d’assemblage, de dynamique et d’interactions chromatiniennes différentes (The A- and B-type nuclear lamin networks: microdomains involved in chromatin organization and transcription 2008).

Ces réseaux ne sont toutefois pas indépendants et s’interpénètrent partiellement et établissent des interfaces fonctionnelles, contribuant conjointement à l’architecture nucléaire, à l’ancrage de la chromatine et à la compartimentation fonctionnelle du noyau.

3. Bien que les lamines soient des constituants strictement nucléaires à l’état assemblé, leur synthèse a lieu dans le cytoplasme.

Après traduction, les lamines sont importées dans le noyau par le système d’import nucléaire grâce à un signal de localisation nucléaire (NLS) porté par leur domaine C-terminal, avant leur incorporation dans la lamina nucléaire ou le réseau nucléoplasmique.

Biogenèse et maturation des lamines

1. La lamine A (664 acides aminés) est synthétisée sous forme de précurseur (prélamine A).

Lamine A et progérine
Lamine A et progérine
(Figure : vetopsy)

a. La prélamine A (566 + 98 acides aminés) possède une extension C-terminale contenant une boîte CaaX (Cyst, acide aminé aliphatique, X, acide aminé quelconque, mais en général la méthionine).

b. La maturation de la lamine A implique successivement :

  • la farnésylation de la cystéine de la boîte CaaX,
  • le clivage des trois derniers résidus,
  • la méthylation C-terminale,
  • un clivage protéolytique final éliminant 15 acides aminés, conduisant à la lamine A mature non farnésylée.

Remarque : la progérine correspond à une forme mutée de la prélamine A, dans laquelle une délétion d’environ 50 acides aminés empêche le clivage final, entraînant le maintien de la farnésylation.

Cette accumulation de progérine, altèrant les propriétés mécaniques de l’enveloppe nucléaire et de la matrice nucléaire, est caractéristique de l'HGPS (Hutchinson-Gilford progeria syndrome).

2. La lamine C est formée par épissage de l'ARNm de la lamine A : les 566 premiers résidus de A et C sont identiques (Molecular ageing in progeroid syndromes: Hutchinson-Gilford progeria syndrome as a model 2009).

La lamine C (566 + 6 acides aminés) ne possède pas de boîte CaaX et n’est pas soumise à la farnésylation.

3. Les lamines B (B1 : 586 acides aminés, B2 : 600) conservent une boîte CaaX et restent farnésylées, ce qui contribue à leur ancrage stable à la membrane nucléaire interne.

Structure et polymérisation des lamines

Caractéristiques structurales des lamines nucléaires

1. Les lamines nucléaires présentent des caractéristiques structurales spécifiques qui les distinguent des filaments intermédiaires cytoplasmiques, tout en conservant l’architecture générale des protéines de filaments intermédiaires (Structural basis for lamin assembly at the molecular level 2019)

Structure des lamines A et C
Structure des lamines A et C
(Figure : vetopsy d'après Ann et coll)

a. Le domaine hélical en forme de tige (rod domain), plus long de 42 acides aminés que celui des filaments intermédiaires cytoplasmiques, est flanqué de part et d'autre d'un site de phosphorylation.

b. L'extrémité C-terminale est pourvue :

2. Ces propriétés structurales conditionnent les modalités d’assemblage et de polymérisation des lamines au sein de la lamina nucléaire.

Polymérisation des lamines
Polymérisation des lamines
(Figure : vetopsy.fr d'après Dittmer et Herrmann)

Les lamines forment principalement des homodimères in vivo, bien que des hétérodimères puissent être observés dans des conditions expérimentales in vitro (Broken nuclei – lamins, nuclear mechanics, and disease 2014).

a. Les dimères s’associent par chevauchement tête-à-queue via les motifs consensus des filaments intermédiaires (IFCM1 et IFCM2), localisés aux extrémités du domaine en tige (Characterization of the Head-to-Tail Overlap Complexes Formed by Human Lamin A, B1 and B2 “ Half-minilamin ” Dimers 2010).

b. Cette polymérisation tête-à-queue permet la formation de polymères linéaires et d’associations de tétramères antiparallèles, au sein desquels le domaine Ig-like globulaire apparaît de manière périodique, avec une répétition d’environ 48 nm.

2. Contrairement aux filaments intermédiaires cytoplasmiques, relativement stables, les filaments intermédiaires nucléaires présentent une dynamique d’assemblage et de désassemblage élevée, en particulier au cours du cycle cellulaire.

La dépolymérisation des lamines nucléaires, au début de la mitose, entraîne la désorganisation de la lamina et participe à la désintégration transitoire de l’enveloppe nucléaire.

3. Les lamines ont de nombreux partenaires étudiés dans les rôles des lamines.

Rôles des lamines