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Je voudrais remercier le Professeur J.M. Giffroy (Université de Namur, Belgique) pour m'avoir autorisé à insérer la majeure partie de ses cours dispensés à l'école nationale vétérinaire de Toulouse en 2000 pour l'obtention du diplôme de vétérinaire comportementaliste.
L'essentiel des connaissances sur l'apprentissage est un apport de la psychologie expérimentale.
Les éthologistes, eux, se sont intéressés plus particulièrement à certaines formes d'apprentissage, comme l'imprégnation, l'habituation et le jeu.
Ce n'est que depuis une quinzaine d'années que s'effectue la synthèse entre les deux approches.
Donner une définition de l'apprentissage n'est pas chose aisée : chaque auteur propose sa propre définition.
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L'apprentissage résulte d'une expérience qui, en modifiant
des éléments au sein de l'organisme, provoque une modification
du comportement.
L'apprentissage est un des processus cognitifs qui permet à l'individu, à partir de son expérience passée, d'assimiler l'organisation de son environnement et les conséquences de ses propres actions et d'accomplir l'autorégulation de ses comportements en fonction de cette assimilation. Il se manifeste par des modifications généralement durables du comportement.
1. L'apprentissage est un processus cognitif, c'est-à-dire un système de traitement d'information et d'assimilation : c'est un système d'organisation dynamique des connaissances.
2. L'apprentissage, avec d'autres processus cognitifs tels que la perception, l'attention et la mémoire, établit la structuration de l'environnement psychologique de l'animal à partir de son environnement concret (physique ou inorganique, social et interne) : cet environnement psychologique ainsi structuré détermine et contrôle le comportement.
3.
L'apprentissage permet l'adaptation individuelle des comportements aux particularités
de l'environnement qui subit, à tout moment,
des modifications de toutes natures.
Lors des variations des conditions de milieu, l'organisme
réagit lui aussi par une série de modifications (physiologiques
et comportementales) qui lui permettent de retrouver un état d'équilibre
qui est définit par le terme d'homéostasie
(
infos).
C'est Jean
Piaget (1896-1980) qui étudia ce processus d'adaptation, primordial
pour la survie de l'espèce, qui est réalisé par deux
mécanismes (
infos).
L'assimilation désigne l’intégration ou l’incorporation par un schème de données extérieures, c’est-à-dire son application à des objets ou à des situations du milieu.
Le terme d'assimilation en biologie est la capacité pour un organisme vivant de faire la synthèse de sa propre substance en puisant dans le milieu extérieur des éléments variés : l'individu absorbe des substances, les assimile en les transformant.
Le schème, en tant que structure d’action, se caractérise plus particulièrement par le fait qu’il se conserve au cours de ses répétitions, qu’il se consolide par l’exercice et qu’il tend à se généraliser au contact du milieu.
« Pour Piaget, le processus d’assimilation est la condition de toute appréhension, par les systèmes cognitifs ou les schèmes, des réalités auxquelles ils sont confrontés ou avec lesquelles ils entrent en interaction. Du point de vue de l’observateur qui l’étudie, toute activité cognitive est en effet une mise en relation d’un sujet avec un objet (au sens large qui inclut autrui) au cours de laquelle le premier peut chercher à reconnaître, à transformer, à expliquer ou à comprendre le second, ce qui ne peut se faire que par l’intermédiaire de notions et de savoir-faire intellectuels préalables (classifications, mises en relation…), qui servent de cadres d’assimilation de l’objet considéré. » (© fondation Jean Piaget)
L'individu intègre à sa structure interne des éléments du milieu extérieur. L’assimilation consiste à interpréter les nouveaux événements à la lumière des schèmes de pensée déjà existants. Dans ce sens, il transforme le milieu pour l'adapter aux connaissances de l'individu, car connaître ne consiste pas à copier le réel, mais à agir sur lui.
Prenons deux exemples :
Pour Piaget, « c'est le fait qu'un stimulus du milieu extérieur, un excitant quelconque, ne peut agir et modifier une conduite que dans la mesure où il est intégré à des structures antérieures ».
Il donne l'exemple du nourrisson qui tête le sein de sa mère et qui, par la suite, sucera son pouce ou tout autre objet de l'environnement.
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L'assimilation permet à un organisme de reconnaître l'objet
auquel il applique une action donnée, de reproduire cette action
et de la généraliser à d'autres objets.
Contrairement à son envers - l'accommodation -, l'assimilation est peu déstabilisante.
L'accommodation désigne toute modification des schèmes d’assimilation sous l’influence des objets ou situations extérieures auxquels ils s’appliquent.
L’assimilation consiste à interpréter les nouveaux événements à la lumière des schèmes de pensée déjà existants. En effet, le sujet doit ajuster un comportement général à une situation particulière.
Piaget montre à des enfants deux boules identiques en demandant si elles contiennent la même quantité de liquide : leurs réponses est évidemment positives. Puis, Piaget transforme une des boules en cylindre et pose la même question.
C'est, en d'autres termes, quand l'individu se modifie pour s'adapter au milieu : le processus d'accommodation sert à enrichir ou élargir un schème d'action en le rendant plus flexible.
Lorsqu'un nouveau schème ne peut s'intégrer directement à l'ensemble de la structure mentale, cela implique :
Les positions de soumission chez le chien sont des rituels,
c'est-à-dire des comportements du chiot qui ont subi une modification
pour les transformer en signaux (
infos).
Dans l'accommodation, le processus résulte d'une forte déstabilisation cognitive.
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L'assimilation et l'accommodation sont les deux processus qui créent
le déséquilibre et l'équilibre. Pour Piaget, on passe
constamment de l’assimilation et l’accommodation durant les
processus de compréhension du monde qui nous entoure.
« L'organisme s'adapte
en construisant matériellement des formes nouvelles pour les insérer
dans celle de l'univers, tandis que l'intelligence prolonge une telle création
en construisant mentalement des structures suceptibles de s'adapter à
celles du milieu. »
4. La mémoire est indissociable de l'apprentissage
(
infos).
« L'apprentissage est une organisation de la connaissance qui s'appuie en grande partie sur des informations qui ne sont plus disponibles dans l'environnement immédiat et qui sont des souvenirs d'événements vécus antérieurement, ces souvenirs peuvent être très récents, de l'ordre d'une fraction de seconde, ou plus anciens. Contrairement à la perception qui utilise les données présentes dans l'environnement, l'apprentissage consiste à construire ou à modifier la représentation qu'un organisme a de son environnement. » F. Dorè.
5. L'apprentissage s'inscrit dans un contexte historique particulier à chaque individu : les modifications qu'il engendre sont le fruit de l'expérience.
6. Le phénotype comportemental subit une transformation : de nouveaux comportements sont acquis ou bien des comportements existants sont modifiés ou éliminés. De plus, cette transformation est en général durable ou permanente.
Un comportement appris est un comportement acquis par l'individu au cours de sa vie par un processus d'apprentissage. Il n'est pas héréditaire, mais peut être congénital, c'est-à-dire présent à la naissance.
En effet, le foetus est susceptible de réaliser certains apprentissages in utero. Une mère éthéromane peut donner naissance à un bébé drogué.
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La fonction du comportement appris est complémentaire au comportement
inné (adaptation à court terme beaucoup plus rapide) et renforce
la souplesse du système.
L'apprentissage provoque des modifications au sein de l'organisme qui le subit.
Ces modifications donnent lieu à des hypothèses qui sont autant
d'interprétations théoriques. Ces dernières sont très
diverses du fait que l'apprentissage est une variable intermédiaire
(
infos).
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L'animal a les capacités de catégoriser son environnement
et de se le représenter.
En effet, l'apprentissage, en tant que tel, ne peut être observé directement.
D'une manière générale, pour expliquer la nature et les lois de l'apprentissage, deux écoles s'opposent :
Pour les connexionnistes (Edward Thorndike (1874-1949), John Broadus Watson (1878-1958), Burrhus Frédéric Skinner (1904-1990)), l'apprentissage est la modification du comportement d'un animal résultant de son expérience. Par l'apprentissage, il établit des liaisons nouvelles entre des stimuli (S-S) ou entre un stimulus et une réponse (S-R).
Pour les cognitivistes (Tolman, Köhler, Griffin, Bandura...), l'apprentissage est une modification des représentations que se fait l'animal de son milieu. En effet, l'individu ajoute aux stimuli, objets ou événements, des éléments d'organisation qui ne sont pas fournis d'emblée, S-O-R. Par l'apprentissage, il acquiert des connaissances sur des régularités existant dans son environnement, ce qui peut provoquer une modification du comportement ou non.
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