La perception douloureuse est extrêmement variable suivant les individus.
L'activité des nocicepteurs est
dépendante de phénomènes excitateurs, mais également
inhibiteurs provenant de différents étages du système
nerveux.
Les stimuli excitateurs sont d'origine périphérique.
Les stimuli inhibiteurs sont d'origine segmentaire ou supraspinale.
Contrôle segmentaire
Certains phénomènes engendrent
ou augmentent la sensation de douleur :
Certains frôlements de la peau,
comme avec du coton, (stimulus non-nociceptif) peut provoquer une sensation
douloureuse : c'est ce qu'on nomme les allodynies.
Quelquefois,
le seul fait de toucher un endroit sensible fait hurler de douleur : on
parle d'hyperalgies qui sont des sensibilités accrues à
des stimuli nociceptifs.
Ces hyperalgies peuvent être primaires quand
la lésion et le site activé par un nouveau stimulus
nociceptif sont correspondants : il y a une sensibilisation des nocicepteurs
avec baisse de leur seuil de déclenchement. Les potentiels
d'action sont plus nombreux : le mécanisme est périphérique.
Certaines hyperalgies sont secondaires quand il
n'y a pas correspondance. La réponse des nocicepteurs n'est
pas augmentée : le mécanisme est donc central.
Ces phénomènes sont, aussi bizarres que cela
puisse être, des apprentissages au niveau médullaire par des
renforcements (potentialisation à long terme). D'autres phénomènes
entrent en jeu.
On peut également diminuer la douleur
en stimulant des mécanorécepteurs cutanés :
le fait de tapoter la peau avant une injection permet de réduire
la sensation douloureuse. Le fait de secouer la main après une
contusion par exemple soulage la douleur par activation des propriocepteurs
A
ou A.
Cette technique est utilisée par des méthodes de stimulation
électrique nerveuse transcutanée - SENT - (
infos) et également, peut-être des points d'acupuncture
(
infos).
Cela démontre que l'activation des mécanorécepteurs
de gros diamètre (A
et A)
et ce, de manière plus efficace, est responsable des régulations
segmentaires en stimulant un interneurone inhibiteur.
C'est la théorie du " gate control ", valable que pour
le dermatome concerné.
Contrôle supra-spinal
Les émotions, le stress et les contrôles psychiques (souvenez-vous
des martyrs !) peuvent diminuer la douleur.
La
stimulation de la substance grise périaqueducale (
infos) projette sur :
les noyaux du raphé, en particulier les noyaux du groupe
caudal bulbaire
(
infos), noyaux sombre obscurus), pâle (pallidus) et grand (magnus).
les noyaux paragigantocellulaires du bulbe, proches du locus
coeruleus (noradrénergiques -
infos -).
Cette voie noradrénergique nous sert à prémédiquer
nos animaux lors de la mise en place d'une anesthésie générale
par des produits 2-agonistes
: ils sont également sédatifs en partie par leur inhibition
sur le locus coeruleus.
Le noyau gigantocellulaire
(NGC) de la substance réticulée envoie des projections ascendantes
sur le thalamus (
infos), mais également, descendantes
:
directement au niveau spinal - boucles spino-bulbo-spinales
(
infos) -,
sur les noyaux du raphé.
Ces centres de contrôle peuvent être activés
par les centres supérieurs, ce qui explique l'inhibition de la douleur
par les émotions, le stress et les contrôles psychiques.