Le
récepteur des phéromones est l'organe voméronasal (encore
appelé organe olfactif accessoire ou organe de Jacobson
du nom de son découvreur en 1809).
L'organe voméronasal est constitué d'une paire de
sacs tubulaires dans le plancher des cavités nasales, le long de
la base du septum.
Des glandes sont impliquées dans la sécrétion
de différentes protéines rencontrées dans le mucus
voméronasal (PBP : Pheromones Binding Proteins, responsables du transport
des phéromones vers les récepteurs).
Il est tapissé de cellules neuroréceptrices
à nombreuses microvillosités qui détectent le signal
chimique. Il contient deux familles distinctes de récepteurs : les
voméro-récepteurs 1 et 2 - VR1
et VR2 - (
infos) qui sont des récepteurs vanilloïdes (
infos).
Les dendrites distaux sont le lieu où s'effectue
la transduction
: c'est le mécanisme par lequel la reconnaissance réciproque
entre le récepteur et le neurotransmetteur et l'activation de ce
même récepteur qui en découle donne le signal du démarrage
de la chaîne de réactions qui aboutira à l'effet physiologique.
Les axones proximaux de ces cellules se réunissent
pour former le nerf voméronasal.
Ce nerf fait relais dans le bulbe olfactif accessoire
(tubercule voméronasal) qui projette ces fibres sur l'amygdale
et la strie terminale qui fait partie du système
limbique (donc du système " émotionnel "),
directement connectées à l'hypothalamus.
Cette voie est distincte de la voie olfactive
normale - nerf olfactif et bulbe olfactif - (
infos) et les neurorécepteurs sont différents des VR1
et VR2.
Toutefois,
rien n'est simple :
des substances autres que les phéromones peuvent exciter l'organe
voméronasal,
des phéromones peuvent agir autrement que sur l'organe voméronasal.
Cela veut dire que certains comportements
sont déclenchés :
soit par la stimulation de l'organe voméronasal,
en particulier les effets modificateurs hormonaux (modulation de l'oestus,
puberté…), en insistant bien sur le fait que les sécrétions
hormonales sont stimulées, bien entendu, par bien d'autres facteurs,
soit par celle de la muqueuse olfactive (attachement
chez les lapereaux, comportement reproducteur des ongulés, du porc…),
soit quelquefois par les deux ensemble (chez le hamster
par exemple).
Les projections cérébrales
expliquent les fonctions des phéromones décrites plus haut.
Par leur action sur le système limbique(
infos), des comportements vont être exprimés
comme la fuite
par exemple lors de la perception des phéromones
d'alarme.
Par leur action sur l'hypothalamus(
infos) et de là, sur l'axe hypothalamo-hypophysaire,
les phéromones provoquent des changements hormonaux (en particulier,
sexuels).