Sommaire ( / )
Les odeurs et les phéromones sont
émises dans des situations variées et contribuent entre autres
(
infos), à la communication intraspécifique
(avec des congénères de la même espèce) utilisée
pour la reconnaissance de l'autre.
Elles communiquent sur :
Elles ont un rôle prédominant dans la
communication mère/petits et participent à :
Toute cette alchimie complexe permet par
la suite la socialisation intraspécifique (
infos).
Chez les mammifères, la mère reconnaît toujours ses nouveaux-nés.
En général, elle ignore ou agresse d'autres petits de la même espèce.
Avant la mise-bas, la femelle se lèche longuement les parties génitales.
A la fin de la parturition, la femelle nettoie le nouveau-né de tous les restes d'enveloppes et de liquide amniotique.
Les
substances chimiques présentes lors de l'accouchement favorise l'attachement
de la mère à ses nouveaux-nés.
Le phénomène a été étudié
chez la brebis (
infos).
La dilatation de
l'utérus et du col utérin lors de la parturition stimule l'hypothalamus
- noyau paraventriculaire et suparoptique (
infos) - qui synthétisent l'ocytocine
et provoquent sa libération par la neurohypophyse (
infos).
Il en découle une cascade de réactions qui, à leur tour, déclenchent le comportement maternel et la reconnaissance du petit (cf. figure ci-contre).
1. En premier lieu, l'ocytocine (du grec " okus ", rapide, et " tokus ", naissance) stimule les contractions utérines pour expulser le foetus.
2.
En contractant les cellules myoépéthéliales des glandes
mammaires, elle provoque l'éjection du lait (sécrétion
sous le contrôle de la prolactine
- pro, en faveur de, lactus, lait - produite par les cellules lactotropes
de l'adénohypophyse, qui a bien d'autres fonctions -
infos -).
3. Par son action sur le bulbe olfactif, elle déclenche :
Par la suite, la brebis reconnaîtra son agneau olfactivement (le nombre de cellules olfactives spécifiques augmente de façon considérable) et n'allaitera que lui.
La période sensible (
infos) pour cet apprentissage est très courte (entre 4 et 12
heures).
D'après P. Pageat, la rémanence est limitée à trois ou quatre jours chez le chat et le chien. Il préconise de congeler le liquide amniotique pour pouvoir enduire le petit pour le faire allaiter par une autre mère.
![]()
Il est difficile, et pour tout dire, toujours hasardeux, de faire des analogies
avec d'autres espèces, surtout dans la communication chimique où
toutes les configurations sont possibles.
Toutefois, nous pouvons envisager d'autres sources olfactives pour cette reconnaissance des petits par la mère.
Les glandes sébacées sont déjà actives chez le foetus et recouvre le nouveau-né : elles produisent autant de sébum qu'un adulte pendant la première semaine de vie : cette sécrétion disparaît et reprend à la puberté. Ce sont les bactéries de la peau qui dégradent ses sécrétions et qui donnent l'odeur du nouveau-né.
90 % des mères reconnaissent l'odeur de leur nouveau-né dans les 3 jours qui suivent la naissance, même si elles ont été que quelques heures en contact avec lui. Elles trouvent leur odeur plaisante. Le taux de réussite de la reconnaissance est corrélé au taux de cortisol plasmatique.
Le père reconnaît également cette odeur dans les 3 jours (reconnaissance du phénotype ?).
Un nouveau-né stressé produit autant de sueur qu'un adulte anxieux.
La première activité du jeune qui
vient de naître est de trouver une mamelle (
infos
et
infos).
Nous
avons expliqué plus haut le rôle de l'ocytocine
dans le comportement maternel. N'oublions pas que c'est elle qui provoque
l'éjection du lait (sécrétion sous le contrôle
de la prolactine).
Lorsqu'un jeune enfant commence à téter, 30 à 60 secondes se passent avant que le lait n'arrive à la tétine.
La stimulation du mamelon active des récepteurs cutanés
qui envoient leur influx à l'hypothalamus (
infos) qui, à son tour, sécrète l'ocytocine dans
le sang. Celle-ci contracte les cellules myoépithéliales entourant
les glandes mammaires pour éjecter le lait.
Or, l'ocytocine contracte également d'autres cellules myoépithéliales entourant des glandes apocrines (de Montgomery) localisées sur le pourtour de la tétine. Ces glandes sécrètent un signal chimique qui permet au nouveau-né de s'orienter vers la mamelle.
Les cellules de Montgomery ne sécrètent pas de lait et sont cytologiquement différentes des cellules galactophores.
Chez les mammifères nidicoles, l'olfaction est fonctionnelle tdès la naissnace, peut-être déjà in utero, malgré l'inachèvement du tractus olfactif. On l'a démontré chez le raton.
Le liquide amniotique pourrait également jouer un rôle.
Lorsqu'on badigeonne des mamelons, préalablement lavés et qui n'attirent pas les ratons, par du liquide amniotique, le comportement de tétée réapparaît.
Les
nouveaux-nés reconnaissent leur mère très rapidement
après la naissance : les mères allaitantes produisent
des phéromones que l'on appelle d'apaisement ou apaisines (
infos).
Le nourrisson reconnaît également les odeurs
axillaires (des aisselles), influençant le comportement sexuel chez
l'adulte (
infos).
Le rôle des " doudous " est dû à leur odeur et de jeunes enfants peuvent être calmés avec une compresse imprégnée des odeurs axillaires de leur mère.
![]()
Le chiot s'attacherait à sa mère entre le 16ème
et le 21ème jour, période où les organes
des sens seraient fonctionnels.
Avant, il semblerait qu'un objet chaud, mou et contenant du lait les apaise.
De nombreuses études sont en cours et les publications futures mettront vraisemblablement certains acquis en question.
Récemment, une apaisine a été
isolée chez le chien et synthétisé par P.
Pageat et son équipe (
infos) .
Le
nid a toujours une odeur forte, mélange de phéromones, d'urine
et de selles .
Comme dit si bien Yveline Leroy : « L'odeur agit comme un filet invisible qui limite les déplacements des jeunes nidicoles. »
En dehors du nid, les petits s'agitent, couinent les premiers jours et ont une certaine difficulté à le retrouver. Puis, par la suite, ils s'enhardissent et le retrouvent plus facilement.
Les jeunes sont stressés dès qu'ils ne sentent pas les odeurs familières du nid qui sont en grande partie ceux de la mère.
L'odeur complexe du nid est apprise.
La chaleur du nid jouerait également un rôle non-négligeable.
Le régime alimentaire aurait également une importance dans les signaux de reconnaissance.