Comportement du chien
et du chat, neuroscience

Renforcements positifs :
installation d'un conditionnement opérant

« C'est parfois l'échec qui est le meilleur gage de succès… Nous sommes rarement en mesure de nous rendre compte à quel point le négatif sert à produire le positif, à quel point le mal engendre le bien. »

Henry Miller

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Le procédé qui découle logiquement de programmes de renforcement est celui de l'apprentissage par essais et des erreurs. Cet apprentissage est basé sur les renforcements positifs ( infos).

Il faut attendre que le sujet, à qui on veut apprendre une nouvelle réponse, la produise spontanément : on la renforce à ce moment.

Le conditionnement s'installe graduellement, en suivant une courbe typique.

Courbe d'apprentissage


Il faut cependant tenir compte du fait que, si certains comportements apparaissent fréquemment, d'autres ne se manifestent que rarement ou jamais.

Par niveau opérant, on entend la probabilité ou la fréquence d'un comportement existant avant toute forme d'apprentissage.

Chez le chien, aboyer possède un niveau opérant plus élevé que se dresser sur les membres postérieurs.

Si l'objectif est d'installer une suite de réponses différentes, c'est la procédure en chaîne qui est indiquée.

Comportement à niveau opérant élevé

Mise en oeuvre


Les récompenses permettent de fixer les comportements de façon durable, mais non définitive. Par exemple, l'éducation fera l'objet de rappel constant pour que les ordres soient exécutés correctement (loi de la répétition - infos -).

La récompense doit avoir lieu à la fin de la séquence comportementale, immédiatement après le signal d'arrêt (loi de la contiguïté temporelle - infos -).

Lorsqu'on donne l'ordre « Assis ! », le chien doit être récompensé aussitôt après s'être assis.

Pour rendre un chien propre, on doit le récompenser immédiatement après qu'il est fini ses besoins.

Cette récompense motive le chien et augmente l'évocabilité des consignes qui régissent les comportements.


L'installation de la réponse se fait habituellement grâce à un programme continu apporté sans délai (renforcement immédiat). Son maintien est plutôt assuré par un
programme intermittent (Marder & Reid, 1996) ou, éventuellement, un renforcement différé.

Le renforcement positif peut être :


Le renforcement positif secondaire est préférable car il est plus commode à utiliser et s'atténue moins rapidement ou pas du tout ( infos).

Indications

Le renforcement positif est indiqué dans l'installation de la plupart des comportements :

Se coucher dans le panier est incompatible avec aboyer quand on sonne à la porte ou quand le téléphone sonne.

Le chien coprophage qui mange ses propres matières fécales ne le fera plus si on lui donne de la nourriture immédiatement après la défécation.

Comportement à niveau opérant faible

Le shaping, l'auto-shaping, l'incitation et la procédure en chaîne peuvent être utilisés afin d'installer des réponses complexes ou dont le niveau opérant est faible.

Shaping

Le shaping ou façonnement est une technique par laquelle on apprend un comportement particulier en renforçant des approximations successives de ce comportement.

Les comportements appris, ainsi " façonnés ", peuvent être très complexes et très différents, par leur forme ou par leur intensité, des mouvements habituels figurant au répertoire de l'espèce considérée.

La pratique du shaping implique d'abord de définir clairement la réponse finale désirée et d'en déterminer les différents constituants élémentaires.

Le shaping tire parti de la variabilité naturelle du comportement : il suppose la présence d'un certain nombre de réponses dans le répertoire comportemental à partir desquelles une réponse jusqu'alors inexistante peut être obtenue.


Le shaping est une méthode lente et fastidieuse.
Elle est pourtant souvent la seule à être efficace notamment chez les animaux :

Mauvais apprentissage de la propretéChez le chiot, l'éducation à la propreté peut avoir recours au shaping.


Cette méthode est proscrit par les vétérinaires comportementalistes, car elle ne fait que compliquer l'apprentissage de la propreté. Non seulement, il faut apprendre au chien à faire ses besoins à l'extérieur, mais il faut, en plus, éteindre le comportement qui consiste à faire à l'intérieur

Pour apprendre à un chien à retenir ses défécations pendant la nuit ou en l'absence de ses maîtres, on allonge progressivement la durée séparant deux promenades de propreté successives.

Un chien a appris que, lorsqu'il aboie, ses propriétaires ouvrent la porte, ce qui lui permet de rentrer dans la maison.

Auto-shaping

Lors du shaping, la personne qui façonne la réponse décide donc si le renforcement est présenté ou non en fonction des progrès de l'animal.


Dans l'auto-shaping, ou autofaçonnement, les conditions environnementales sont arrangées de telle manière que l'animal apprend par lui-même.

Cette procédure a été mise en évidence par une expérience réalisée par Brown & Jenkins, au cours de laquelle, plutôt que d'apprendre par shaping à un pigeon à picorer un disque, cet oiseau a été mis dans des conditions telles qu'il a appris tout seul. Un pigeon est placé dans une cage de Skinner ( infos) dont une paroi comprend un disque lumineux.

La tendance dont font preuve les animaux à se comporter envers un SC comme ils se comporteraient avec un SI ( infos), est le phénomène sur est basé lequel l'auto-shaping.

RapportOn désire à apprendre à un chien le rapport d'objet. Or, l'animal refuse de prendre en gueule l'apportable et, même, ne montre aucun intérêt pour cet objet.

Incitation (prompting)

L'acquisition d'un nouveau comportement peut aussi s'appuyer sur l'utilisation d'une incitation - en anglais, prompting -.

Cette incitation est une stimulation agissant sur l'animal pour que la réponse correcte ait plus de chances d'être produite et/ou pour que des réponses incorrectes aient moins de chances d'être effectuées.



L'incitation peut être gestuelle, visuelle ou verbale.

Elle peut également avoir recours à divers instruments, dispositifs ou outils (harnachement particulier du cheval, collier Halti chez le chien...).

Elle précède la réponse et joue aussi le rôle de stimulus discriminatif ( infos).

Pour apprendre à un chien à s'asseoir, on peut recourir à une incitation gestuelle en effectuant une poussée de la main sur sa croupe. Lorsqu'il est assis, on le renforce.

On peut aussi utiliser une incitation visuelle en lui présentant une friandise à la verticale de sa tête, ce qui pousse l'animal à s'asseoir pour pouvoir mieux la voir.

Lorsque la réponse est installée, elle doit devenir indépendante de l'incitation : on élimine progressivement celle-ci par atténuation ( infos).

Lorsqu'on désire apprendre à un chien à ne pas prendre un objet, on agite rapidement ce dernier devant lui, en disant « Laisse-le ! ». L'incitation est le mouvement conféré à l'objet qui, ainsi, ne peut être pris facilement par l'animal.

Une méthode proposée pour apprendre à un chat qui urine n'importe où à éliminer dans son bac est la suivante.

Procédure en chaîne

Pour apprendre une séquence constituée de plusieurs réponses différentes qui se succèdent toujours dans le même ordre, on utilise souvent la procédure en chaîne.

Dans ce procédé, les réponses s'enchaînent de telle sorte que chacune d'entre elles représente le signal (SD) déclenchant la suivante.


La méthode la plus utilisée est cependant la méthode dite régressive qui consiste à commencer par l'installation de la dernière réponse, puis celle de l'avant-dernière et ainsi de suite.

Supposons la chaîne des réponses à installer R1, R2, R3 et R4.

La procédure en chaîne peut être utilisée pour apprendre un chien à rester assis quand un visiteur arrive dans une maison.

La suite des divers comportements que le chien doit apprendre pour suivre un parcours d'agility est apprise par une procédure en chaîne.

Conditionnement opérantLoisRenforcementsPunitions Dangers
Bibliographie
  • Giffroy J.M. (Prof. Université de Namur, Belgique) - L'apprentissage et ses applications - 3ème cycle professionnel des écoles nationales vétérinaires, Toulouse, 2000
  • Tennant C. - Faire perdre ses mauvaises habitudes à son chien - Marabout, 265 p., 2003
  • Fogle B. - L'art d'éduquer son chien - Solar, 128 p., 1995