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Santiago Ramón y Cajal (1852-1934) découvrit les neurones, leurs caractéristiques et leur fonction.
Il s'aperçut, en tant qu'anatomiste, que les contacts
synaptiques sont relativement constants. Cependant, il émit l'hypothèse
extrêmement hardie pour l'époque que ces contacts dépendent
de l'activité des neurones et émis la théorie de la
" plasticité synaptique " (
infos).

C'est Charles
Scott Sherrington (1857-1952) - à qui l'on doit le terme synapse
- qui pensa en premier que l'habituation pouvait être liée
à un changement au niveau synaptique.
Il travailla sur les réflexes de retrait du membre postérieur et énonça la loi de l'inhibition réciproque musculaire. « L'action d'un muscle entraîne l'inhibition proportionnelle du muscle qui est son antagoniste ! ».
Puis, ce furent Alden Spencer et Richard Thomson qui découvrirent le parallèle entre la diminution de l'activité électrique dans les interneurones (situés entre les neurones sensoriels et les neurones moteurs dans la moelle) et les motoneurones de la moelle épinière isolée du chat qu'ils mirent en relation avec l'habituation (diminution de la rétraction lors d'un toucher répété de la patte).
Eric Kandel et ses collaborateurs constatèrent que l'aplysie possède un réflexe de retrait identique à celui du chat.
Les travaux sur de systèmes simples comme sont ceux de l'aplysie
(limace ou lièvre de mer - Aplysia californica) - avec ses 10 ganglions
de 2000 neurones visibles à l'oeil nu (
infos) ont permis de préciser la compréhension neurobiologique
de l'habituation et de la mémoire en général.
Les neurones sensoriels du siphon et de la branchie sont en contact d'une part avec les motoneurones qui provoquent le retrait de ces deux organes et d'autre part à des interneurones soit excitateurs, soit inhibiteurs.

Quand
on touche le siphon à l'aide d'un pinceau, il y a retrait du siphon
et de la branchie.
Kandel et col. ont démontré que les potentiels
d'action des neurones sensoriels, suite à une série de stimulations,
produisent des potentiels synaptiques de plus en plus faibles dans les interneurones
et les motoneurones. Ce phénomène est dû à une
diminution du nombre de vésicules de glutamate (
infos) prêtes à s'incorporer à la membrane présynaptique
: la quantité de neuromédiateur libéré dans
la fente synaptique est faible.
L'habituation à court terme chez l'aplysie est dépendante de la diminution de la sécrétion de glutamate au niveau présynaptique.
Par contre, on ne sait pas quels sont les mécanismes
moléculaires, décrits dans la sensibilisation (
infos), qui expliquent que les canaux calciques deviennent plus résistants
à l'entrée des ions Ca++ .
Cette habituation à court terme est conservée dans les neurones
mêmes qui sont impliqués dans la boucle comportementale (
infos).
Après
la répétition quotidienne des séances d'entraînements,
30% seulement des individus gardaient des connexions enregistrables entre
les neurones sensoriels et les motoneurones (840 terminaisons synaptiques
contre 1300 pour les autres).
L'habituation à long terme chez l'aplysie est dépendante :
Lors du déclin de la mémoire, les terminaisons synaptiques régressent.
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Ainsi, l'habituation à long terme provoque des modifications structurelles
neuronales.
L'habituation à long terme dépend d'un phénomène
moléculaire appelé dépression à long terme (
infos).
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Contrairement aux phénomènes uniquement présynaptiques
de l'aplysie, cette habituation à long terme semble dépendre
d'une diminution d'ouverture des récepteurs glutamaatergiques AMPA
postsynaptiques (DLT du cervelet).
| Habituation |