Un animal peut apprendre qu'une relation
existe entre deux SN, même si aucun SI n'apparaît. Ce phénomène
est appelé le préconditionnement sensoriel.
Lors d'une première phase,
deux SN sont présentés simultanément, un son en même
temps qu'un éclair lumineux, à plusieurs centaines de reprises.
Dans la deuxième phase, le
son est suivi par un choc électrique. L'animal apprend rapidement
à fléchir un membre selon le conditionnement classique habituel.
Dans la dernière phase, l'éclair
lumineux est présenté seul : on observe qu'il entraîne
également la flexion. Ce SN qui n'a jamais été associé
au SI est donc aussi devenu un SC. La RC au premier stimulus l'est aussi
au second.
Cette association entre les deux stimuli est cependant moins stable et
moins durable qu'un conditionnement réalisé selon la procédure
habituelle.
Le préconditionnement sensoriel présente un certain nombre
de similitudes avec l'apprentissage latent.
L'apprentissage latent est l'association de plusieurs stimuli indifférents
sans qu'un avantage ou un désavantage immédiat n'apparaisse
: ces stimuli sont mémorisés et sont utilisés plus
tard.
La réponse est fixée sans renforcement préalable
de la connexion entre cette réponse et les stimuli qui la provoquent.
Masquage ou éclipse (overshadowing)
Certains animaux peuvent apprendre la pertinence
d'un seul parmi deux stimuli, l'autre étant en quelque sorte " éclipsé "
par lui.
Ce phénomène de masquage ou d'éclipse - en anglais,
overshadowing - se produit surtout lorsqu'un des deux stimuli est
remarquable par son intensité ou qu'il est plus
facilement perçu par les organes des sens.
On présente d'emblée deux stimuli (A et B)
ensemble, juste avant de fournir le stimulus inconditionnel. Différents
résultats sont observés.
Un certain nombre de sujets répondent suite à la présentation
du seul stimulus A et répondent aussi suite à la présentation
du seul stimulus B. Ils ont donc appris que chacun des deux stimuli prédit
l'apparition du SI.
Par contre, d'autres animaux répondent à un des deux stimuli,
ou bien A ou bien B et pas à l'autre. Pour eux, un des deux stimuli
a éclipsé, a masqué l'autre.
Blocage de stimulus
Un animal peut apprendre à ne pas tenir compte d'un stimulus
survenant en même temps que le SC. Ce blocage de stimulus lui fait
ignorer un stimulus parce qu'il ne prédit rien de plus, qu'un autre
stimulus au sujet du SI.
Dans la première phase, un rat apprend à produire
une réponse à un choc électrique suite à l'apparition
d'un stimulus sonore. Dans la seconde phase, un stimulus lumineux est présenté
en même temps que le stimulus sonore.
On constate que la présentation du seul stimulus lumineux ne
provoque pas la réponse. Le rat a appris que le son prédit
le choc électrique, mais n'a rien appris en ce qui concerne le
stimulus lumineux.
Tout se passe donc comme si un stimulus bloquait l'apprentissage d'un
autre stimulus une fois que le premier stimulus a été appris.
Le blocage ne se produit généralement pas quand
on modifie les caractéristiques du SI.
Si, dans l'expérience précédente,
la présentation simultanée des deux stimuli est suivie par
un choc électrique de plus forte intensité, le rat apprend
à répondre également lors de l'apparition du stimulus
sonore.
Il ne se produit pas non plus si le nouveau stimulus
précède légèrement le SC.
Un chien a appris à s'asseoir suite à l'ordre
verbal « Assis ! ». Pour lui apprendre à répondre
de la même manière à un geste de la main, on présente
ce signal visuel un peu avant le signal verbal.
Les phénomènes de blocage ou d'absence de blocage
laissent entendre que, pour qu'il y ait apprentissage, il faut que quelque
chose de nouveau, d'inattendu et de significatif survienne.