Comportement du chien
et du chat, neuroscience

Système somatosensoriel (somesthésie)
Douleur et nociception : rôle de la substance P

« La douleur. Elle est patiente, mais quand elle vient c'est pour longtemps, ne la méprise pas. »

André Majo

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La substance P est un neurotransmetteur particulièrement actif dans la nociception et les phénomènes inflammatoires.

Le potentiel d'action, créé dans la fibre neuronale, est transmis, par transport axonal antérograde (" normal "), dans les voies nociceptives vers le cerveau ( infos).


La substance P, synthétisée dans les corps cellulaires des neurones des fibres sensorielles A et C, est libérée au niveau central (avec le glutamate) pour transmettre les influx nociceptifs.

Substances algogènes En outre, il existe, ce que l'on nomme, un réflexe d'axone, ou mieux dendritique : le transport est cette fois, centrifuge, dans le sens opposé à la normale (conduction antidromique).

Cela peut s'expliquer facilement par la morphologie des neurones nociceptifs qui sont bipolaires : on considère que l'axone est la fibre qui part du ganglion rachidien ( infos) vers la moelle, alors que l'autre fibre correspond à des dendrites où la transmission peut s'effectuer dans les deux sens.

La stimulation du nocicepteur gagne la musculature des artérioles adjacentes par conduction antidromique pour libérer, dans les régions proches, la substance P (SP), le CGRP (peptide lié au gène de la calcitonine) et la neurokinine A qui renforceraient l'effet vasodilatateur.

La substance P est une molécule de 11 acides aminés qu'on préparait sous forme de " poudre ", d'où son nom. Le CGRP est également une neurokinine (ou tachykinine).

Substance P et neurokinines D'autres neurotransmetteurs (somatostatine, peptide lié au gène de la calcitonine (CGRP), cholécystokinine (CKK), peptide vasoactif (VIP), galanine…) joueraient également un rôle, mais plutôt de neuromodulateurs, c'est-à-dire qu'ils modulent les effets excitateurs ou inhibiteurs de neurotransmetteurs plus classiques.

La substance P (SP), outre son rôle de neurotransmetteur central, provoque, au niveau périphérique :


Cactus On appelle ce phénomène : inflammation neurogène (réflexe d'axone) à l'origine de l'extension de l'inflammation.

Ces substances algogènes excitent encore plus les dendrites qui libèrent davantage de SP pour stimuler les dendrites proches : les nocicepteurs sont plus réactifs (sensibilisés) et la réaction douloureuse s'étend pour protéger la zone afin de la préserver d’une autre atteinte.

Toutes ses réactions sont également modulées par le système sympathique ( infos) qui sécrète de l'adrénaline ( infos) dont l'ATP ( infos) est un coneurotransmetteur.


Tous ces phénomènes amplifient la douleur (hyperalgie) : quand on touche une lésion, les nocicepteurs sensibilisés peuvent nous faire hurler de douleur !

C'est également un supplice de choix : faites tomber une goutte d'eau au même endroit pendant des heures rend " fou ".


Tout cela explique les signes de l'inflammation : rougeur, douleur, chaleur et tuméfaction (rubor, dolor, calor et tumor).

SomesthésieDouleur et nociceptionNocicepteursTransduction nociceptive
Fibres nociceptivesVoies nociceptivesContrôle douleurComportement
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