Comportement du chien
et du chat, neuroscience

Territoire chez le chat : marquages
territoriaux

« Voir, c'est croire ; mais sentir, c'est être sûr ! »

Marquis de Sade

Sommaire ( / )

Phéromones et marquage ( infos)

Les champs territoriaux sont balisés par :

Les marques olfactives sont constituées par les phéromones ( infos).

Elles ont été découvertes chez les papillons (1960) : les femelles bombyx (ver à soie) émettent une substance odorante (bombycol) qui attire les mâles dans un rayon de plusieurs kilomètres. Elles sont très largement représentées chez les espèces d'invertébrés, surtout vivant en colonie ( infos)

Flehmen du chatKarlson et Lüsher (1959), inventeurs du mot phéromone, en donnent la définition suivante qui contient (en gris et ajouté à la définition originale) les éléments caractéristiques de la communication ( infos).

« Une phéromone est un produit chimique ou un ensemble de produits chimiques (signal) émis à l'extérieur du corps (canal de transmission) d'un individu (émetteur) qui, lorsqu'il est reçu par un animal de la même espèce (récepteur), déclenche une ou plusieurs réactions spécifiques. »

Selon Patrick Pageat, ces marques sont classées en trois catégories :

Organisation du territoire du chat

Lorsque ces comportements de marquages sont perturbés en hyper ou en hypo, on doit suspecter un trouble comportemental lié au territoire.

Marques territoriales sensu stricto

Marquage urinaire du chatLes marques territoriales au sens strict signalent la présence du chat occupant des lieux à d’autres chats considérés comme des intrus.

Les marques territoriales sensu stricto sont constituées par des marques olfactives (phéromones) et des marques visuelles. Ce sont :

Le chat en général est debout, le dos en "U" inversé, la queue est dressée et frétille. Le chat pulvérise un petit volume d'urine sur un support vertical ;

Les propriétaires disent que « le chat fait ses griffes », ce qui provoque de véritables désastres sur le canapé neuf du salon ou la magnifique tapisserie.

Griffades du chatSelon les auteurs, les marques territoriales n'impliquent pas forcément l'évitement de la zone marquée.

Elles sont souvent recouvertes par les autres chats. Il suffit par exemple qu'un chat voit une tache sur un mur vertical pour qu'il l'asperge de son urine.

Chez certains animaux, cette aspersion d'urine peut également viser un autre individu.

Marquage facial du chatC'est pourquoi un griffoir n'a que peu de chances d'attirer le chat s'il est placé en retrait ou même caché en raison de son aspect inesthétique.

Chez le chat, nous ne savons pas si les excréments sont considérés comme des marquages ( infos).

Marques de familiarisation

Contrairement aux marques précédentes qui signalent la présence du résidant à d'autres chats, les marques de familiarisation sont destinées à l'individu qui les émet : elles provoquent leur apaisement en dessinant olfactivement une carte de son territoire.

Ces phéromones sont sécrétées par des glandes situées sur le menton, les lèvres et les joues ( infos). Le chat les dépose en se frottant la tête :

Allomarquage du chatCes sécrétions permettent au chat de baliser son territoire, et de se rassurer. Ces marques traduisent l’attachement du chat à son territoire.

« Je suis bien chez moi, avec tous mes objets familiers et mes amis - gens ou animaux - qui y vivent ! ».

Marquage d'alarme ( infos)

Les marques d'alarme du chat (Attention ! Danger !) sont sécrétées lors d’un stress par :

 

D'autres phéromones sont sécrétées chez le chat (40 environ dont 13 communes à tous les chats), mais elles n'ont pas été isolées et leurs fonctions sont inconnues.

Champs territoriauxMarquages territoriaux Organiser le territoire du chat
Bibliographie
  • Giffroy J.M. (Prof. Université de Namur, Belgique) - L'éthogramme du chat - 3ème cycle professionnel des écoles nationales vétérinaires, Toulouse, 2000
  • Pageat (P) - Communication chimique dans l'univers des carnivores domestiques - Point Vétérinaire, fev 97
  • Dehasse J. - Tout sur la psychologie du chat - Odile Jacob, Paris, 604 p., 2005
  • Edition spéciale de l'action vétérinaire : supplément au numéro 1362 des 3 et 10 mai 1996.
  • Immelmann K. - Dictionnaire de l'éthologie - Pierre Mardaga, Liège-Bruxelles, 293 p., 1990