« Ne déplace pas les bornes en bordure des
champs,
Ne modifie pas la position des cordeaux,
Identifie celui qui agit ainsi sur terre,
Car il est un oppresseur du faible,
Et un oppresseur décidé à détruire ton être.
»
L'aire vitale (en anglais
: total range) est « l'espace total qu'un individu
ou un groupe organisé stable parcourt tout au long de son existence.
Il inclut les différents territoires, les sites de séjour
temporaire et les chemins de migration » (Walther).
On parle de
domaine vital si cet espace est utilisé
par plusieurs individus ou plusieurs groupes ;
territoire si cet espace est défendu
vis-à-vis des congénères.
Le domaine vital(en anglais : home range) est une portion de l'aire vitale
qu'un animal ou qu'un groupe d'animaux fréquente au cours d'une période
donnée.
Cette zone peut éventuellement être monopolisée,
mais elle n'est pas défendue contre l'intrusion des animaux de
la même espèce car elle demande trop d'énergie pour
la défendre. Dans le domaine vital, qu'on peut considérer
comme un espace " neutre ", les animaux en compétition
ont tendance à s'éviter.
Les frontières sont floues et mouvantes car
la surface du domaine vital peut varier selon la saison, les conditions
climatiques, le biotope…
Le territoire (étymologie
: étendue de pays formant une circonscription politique) est
une portion du domaine vital défendu sélectivement.
Certains territoires sont permanents tandis que d'autres
sont temporaires (le plus souvent pendant la période
de reproduction).
Certains sont contigus, d'autres peuvent être
séparés par des espaces fréquentés
par tous les voisins.
Certains sont uniquement occupés par le résidant, d'autres
que pendant la reproduction.
Défense et rôles du territoire
La défense du territoire est assurée par le ou les
occupants des lieux qui interdisent la présence simultanée
:
d'individus de la même espèce
(éventuellement d'autres espèces : territorialité
interspécifique) ou,
d'individus du même sexe (à
l'exception des jeunes) ou encore,
d'individus de même état physiologique.
Cette interdiction peut prendre plusieurs formes. Les
occupants empêchent l'intrusion dans le territoire par :
certains comportements agonistiques
: relatifs à la lutte, notamment à la lutte pour la vie
(
infos) ;
" lever la patte " chez un chien par
exemple, bramer pour un cerf… véritable communication qui nécessite
la présence effective de l'émetteur : le
récepteur
y répondra à une certaine distance ou attaquera l'émetteur.
L'intrus peut alors s'emparer du territoire (nourriture, femelles, abri…).
certains panneaux de signalisation olfactive
(
infos) : urine, matières fécales, phéromones,
griffades… qui ont un rôle primordial chez le chat.
Chez le chat, le marquage
territorial est souvent considéré métaphoriquement
comme le fait de délimiter une portion d'espace par une barrière
olfactive empêchant l'intrusion des congénères. Toutefois,
son rôle, est plus un partage temporel entre chats
de certaines parties du domaine vital. Il est également un compteur
de temps pour l'émetteur lui-même. - explication des marquages
d'entretien - (infos).Le chat a une organisation spatio-temporelle de son habitat.
Les rôles biologiques de la territorialité
est :
d'assurer l'utilisation optimale des ressources
d'une région (en nourriture, en abris...) car l'occupant a une
parfaite connaissance des lieux, refuges, chemins de fuite…
de réduire les conflits entre
voisins par des signaux spécifiques,
de pouvoir se reproduire et élever les
jeunes en toute quiétude,
de réguler les populations
par émigration.
Une autre conséquence de la territorialité est de tisser
des relations sociales avec ses " voisins " dans des
lieux qu'on pourrait qualifier de " neutres ". Ainsi,
on peut la considérer en quelque sorte comme un fait social.
Notions
de proxémieGénéralités
indispensablesChamps
territoriaux et voies de passage
Bibliographie
Giffroy J.M. (Prof. Université de Namur,
Belgique) - L'éthogramme du chat - 3ème cycle
professionnel des écoles nationales vétérinaires,
Toulouse, 2000
Dehasse J. - Tout sur la psychologie du chat
- Odile Jacob, Paris, 604 p., 2005
Edition spéciale de l'action vétérinaire
: supplément au numéro 1362 des 3 et 10 mai 1996.
Immelmann K. - Dictionnaire de l'éthologie
- Pierre Mardaga, Liège-Bruxelles, 293 p., 1990
Massal N. - Thérapie, technique ou art
? - Mémoire pour l'obtention du diplôme de vétérinaire
comportementaliste des écoles nationales vétérinaires
françaises, Nantes, 2001